Ebola en RDC : en moins de 5 semaines, les cas passent de 650 à près de 2 000, MSF alerte sur une progression inquiétante

En République démocratique du Congo, l’épidémie de maladie à virus Ebola connaît une accélération préoccupante. En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés est passé de 650 à près de 2 000, tandis que le bilan des décès dépasse désormais 700 morts.
Face à cette évolution rapide, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à un renforcement urgent de la réponse médicale, particulièrement dans la province de l’Ituri, principal foyer de contamination.
Rendu public le 15 juillet 2026 depuis Bunia, le communiqué de MSF indique que cette flambée, causée par le virus Ebola de type Bundibugyo, figure parmi les plus importantes jamais enregistrées en RDC. L’organisation estime également qu’il s’agit de l’épidémie qui progresse le plus rapidement dans le pays.
« Chaque retard coûte des vies », a déclaré Trish Newport, responsable du programme d’urgence de MSF, appelant à une mobilisation internationale plus forte et mieux coordonnée pour améliorer le dépistage, la prise en charge des malades et le suivi des personnes exposées au virus.
La province de l’Ituri reste au centre des préoccupations sanitaires, avec environ 90 % des cas confirmés recensés dans cette partie du pays. Les structures médicales y subissent une pression croissante, alors que plusieurs patients arrivent dans un état critique, réduisant leurs chances de survie.
À Mongbwalu, les équipes de MSF indiquent avoir pris en charge 57 survivants depuis le début de leur intervention, mais déplorent également plus de 110 décès parmi les personnes admises dans le centre de traitement. Du côté de Bunia, le centre d’Elikiya, doté de 90 lits, fonctionne presque constamment à pleine capacité, obligeant certains malades à attendre avant d’obtenir une place.
L’accès limité aux soins dans certaines zones, la saturation du système de surveillance et les difficultés liées à l’identification précoce des cas compliquent davantage la maîtrise de l’épidémie. Pour MSF, rapprocher la réponse médicale des communautés demeure essentiel afin de détecter rapidement les contaminations et interrompre les chaînes de transmission.
Plusieurs secteurs nécessitent un renforcement immédiat, selon l’organisation humanitaire : mobilisation communautaire, surveillance épidémiologique, dépistage, diagnostic, traitement des patients, accompagnement des survivants ainsi que gestion sécurisée et digne des dépouilles.
Le contexte sécuritaire et humanitaire rend également la riposte plus complexe. Les équipes médicales interviennent dans un environnement marqué par les déplacements de populations, l’insécurité et d’autres urgences sanitaires, notamment le choléra et le paludisme. La saison des pluies pourrait par ailleurs accroître la pression sur un système de santé déjà fragilisé.
Les interventions de MSF s’étendent actuellement à plusieurs provinces touchées par Ebola. L’organisation humanitaire gère sept centres de traitement et plus de quinze unités d’isolement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans la Tshopo.
Plus de 968 patients ont été admis dans ses structures depuis le début de l’épidémie, dont 357 cas confirmés, tandis que 116 survivants ont bénéficié d’un accompagnement après leur guérison.
Pour Médecins Sans Frontières, les moyens disponibles restent insuffisants face à l’ampleur de la crise. L’organisation plaide ainsi pour une mobilisation internationale accrue afin de ralentir la propagation du virus, renforcer les soins et éviter de nouvelles pertes humaines.
Alors que l’épidémie continue de progresser, MSF rappelle que la lutte contre Ebola doit également préserver l’accès aux autres services de santé essentiels pour les populations touchées.
Rédaction



