Uvira : des citoyens de la communauté Shi dénoncent des paiements discriminatoires sur la RN5

Le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA alerte sur des pratiques qu’il qualifie de discriminatoires à l’égard de citoyens congolais issus de la communauté Shi sur la Route nationale numéro 5 (RN5), entre Uvira et Bukavu.
La structure citoyenne dénonce notamment des écarts importants dans les montants exigés aux voyageurs selon leur appartenance communautaire et redoute que cette situation n’alimente davantage les tensions dans la région.
Selon les informations communiquées par ce mouvement citoyen, plusieurs barrières sont installées le long de cet axe, notamment à Kawizi, Kiliba, Ongero, Munyemwo, Runingu, Mikamba, Kasambura, Biriba et Kabunambo. Les usagers de la route seraient contraints d’y effectuer des paiements avant de poursuivre leur trajet.
Pour les passagers des bus, notamment ceux des agences El Shadaï, Volcano, Okapi et d’autres transporteurs, les sommes réclamées varieraient généralement entre 2 000 et 5 000 francs congolais.
Mais la situation serait davantage préoccupante pour les voyageurs à moto. MACHOZI YA RAÏYA affirme que certains citoyens identifiés comme membres de la communauté Shi seraient contraints de payer entre 10 000 et 50 000 francs congolais à certaines barrières, tandis que des voyageurs issus notamment des communautés Fuliru et Mbembe paieraient environ 1 000 francs congolais.
Le mouvement attribue ces différences de traitement à des accusations assimilant certains membres de la communauté Shi à des éléments du M23/AFC. Il estime que de tels amalgames risquent de favoriser la stigmatisation de citoyens sur la base de leur appartenance communautaire présumée. Pour l’organisation, aucune communauté ne devrait être prise pour cible en raison des agissements présumés de certains de ses membres.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par la multiplication des points de contrôle sur la RN5. MACHOZI YA RAÏYA affirme avoir identifié quatorze barrières entre Uvira et Bukavu, dont une tenue par les FARDC, 11 par des combattants Wazalendo et trois qui seraient contrôlées par des éléments du M23/AFC. L’organisation dénonce des pratiques d’extorsion, des tracasseries et des abus qui, selon elle, entravent la libre circulation des personnes et des biens.
Face à ces préoccupations, le mouvement citoyen appelle les autorités provinciales du Sud-Kivu à prendre des mesures pour mettre fin aux barrières illégales et aux paiements imposés aux voyageurs.
Il demande également un encadrement effectif des combattants Wazalendo déployés sur cet axe, estimant que les difficultés matérielles ne sauraient justifier l’extorsion ou la discrimination des usagers.
MACHOZI YA RAÏYA invite enfin les autorités à intervenir rapidement pour prévenir une aggravation des tensions communautaires et garantir à tous les usagers de la RN5 un traitement équitable, sans distinction liée à leur appartenance communautaire.
Raphaël Lwango



