ActualitésEconomie

Uvira : l’exonération accordée aux petits commerçants à Kavimvira détournée, des acteurs sociaux dénoncent un important manque à gagner pour l’État

Pensée pour soutenir les petits commerçants et stimuler les échanges transfrontaliers entre la République démocratique du Congo et le Burundi, l’exonération accordée aux marchandises ne dépassant pas deux tonnes au poste frontalier de Kavimvira semble aujourd’hui produire des effets contraires à son objectif initial.

À Uvira, plusieurs habitants et acteurs sociaux s’inquiètent de pratiques qu’ils jugent frauduleuses et qui priveraient le Trésor public de recettes importantes.

Selon ces observations, certains grands opérateurs économiques contourneraient cette mesure en se faisant passer pour de petits commerçants. Au lieu de déclarer l’intégralité de leurs cargaisons et de s’acquitter des taxes prévues par la réglementation, ils feraient traverser leurs marchandises par fractions de moins de deux tonnes afin de bénéficier indûment de l’exonération.

Des sources locales indiquent que ces cargaisons peuvent atteindre 10, 20 tonnes, voire davantage. Pour échapper aux contrôles, les marchandises seraient réparties entre plusieurs chauffeurs ou confiées à des petits commerçants chargés d’effectuer plusieurs passages successifs. Certains opérateurs iraient jusqu’à louer des entrepôts au Burundi afin de faciliter cette stratégie et d’éviter une déclaration globale de leurs marchandises.

Pour plusieurs acteurs sociaux, ces pratiques créent une concurrence déloyale entre les opérateurs économiques et compromettent l’objectif de cette mesure, qui visait avant tout à soutenir les petits commerçants.

Ils estiment également que ces détournements entraîneraient un manque à gagner considérable pour les finances publiques, privant l’État de ressources susceptibles de contribuer au financement des services publics et des projets de développement.

Face à cette situation, plusieurs acteurs sociaux plaident pour un renforcement des mécanismes de contrôle au poste frontalier de Kavimvira. Ils estiment que les services compétents devraient intensifier la surveillance et appliquer rigoureusement la loi afin de mettre fin aux pratiques frauduleuses, de protéger les recettes publiques et de garantir une concurrence loyale entre les opérateurs économiques.

Au-delà de la dénonciation, plusieurs observateurs estiment que la réussite de cette politique d’exonération dépendra de la capacité des autorités à distinguer les véritables bénéficiaires des opérateurs qui chercheraient à exploiter les failles du système.

Pour eux, une meilleure traçabilité des marchandises et un contrôle plus rigoureux des flux commerciaux permettraient de préserver l’esprit de cette mesure tout en protégeant les intérêts du Trésor public.

Raphaël Lwango

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *