JI de la jeunesse : au Sud-Kivu, plus de 200 jeunes s’engagent pour la paix et la cohésion régionale

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée mercredi 12 août 2026, plus de 200 jeunes leaders du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, et une délégation venue du district de Rusizi, au Rwanda, se sont retrouvés au Centre Rio de Nguba, dans la commune d’Ibanda, à Bukavu.
Placée sous le thème « Des contextes différents, des aspirations communes », la rencontre a mis l’accent sur la paix, la cohésion sociale et la participation des jeunes à la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs.
Organisée par le Forum inter-réseaux des jeunes pour la paix de Bukavu (FIRJP) et la Coalition congolaise Jeunesse, Paix et Sécurité du Sud-Kivu (CCJPS-SK), avec l’accompagnement technique d’International Alert, cette activité s’inscrit dans le cadre du projet Kizazi Cha Amani, financé par l’Union européenne.
Elle a réuni des représentants de plusieurs organisations de jeunesse autour d’une même ambition : renforcer leur contribution aux initiatives de paix dans leurs communautés.
Dès l’ouverture, les organisateurs ont opté pour un format participatif, loin des conférences classiques. Les participants ont été invités à partager leurs expériences, leurs difficultés et leurs initiatives, créant ainsi un cadre de dialogue entre jeunes issus de différents milieux et des deux côtés de la frontière.
L’un des temps forts de la journée a été la Foire des initiatives de paix. Une trentaine d’organisations de jeunes y ont présenté leurs réalisations dans des domaines tels que la médiation communautaire, la résilience, la cohésion sociale et la participation citoyenne. Cette exposition a permis de mettre en lumière des actions concrètes menées au sein des communautés.
Les échanges se sont ensuite poursuivis autour du World Café « L’Arbre des Récits ». Cet exercice a permis aux participants de confronter leurs réalités locales, de partager leurs expériences de résilience et d’identifier des préoccupations communes. Les discussions ont également ouvert la voie à de nouvelles pistes de collaboration entre jeunes de la région.
La désinformation et les discours de haine ont figuré parmi les préoccupations abordées au cours de la rencontre. Dans un environnement régional marqué par les tensions et les divisions, les participants ont souligné l’importance d’une communication responsable et de messages capables de rapprocher les communautés plutôt que d’alimenter les clivages.
Prenant la parole au nom du Forum Kizazi Cha Amani, Nathalie Kiyanga a insisté sur la nécessité de dépasser les différences de contexte pour construire une dynamique commune entre les jeunes. Elle a estimé que la diversité des réalités vécues pouvait constituer une richesse plutôt qu’un obstacle à leur collaboration.
« Nous venons de différents contextes et nous vivons des réalités diverses, mais nous aspirons tous à la même chose : la paix durable et le développement. Nos différences ne doivent pas constituer des barrières ou des frontières, mais plutôt devenir une force pour la jeunesse », a-t-elle déclaré.
La culture a également occupé une place importante dans cette célébration. Des slameurs et des poètes locaux ont présenté un manifeste reprenant les principales aspirations formulées au cours des échanges. À travers ces prestations, les jeunes ont donné une dimension artistique à leur message en faveur de la tolérance et du vivre-ensemble.
La journée s’est par ailleurs inscrite dans la campagne digitale « Ma Voix pour la Paix », destinée à donner davantage de visibilité aux messages portés par les jeunes à travers les médias et les plateformes numériques. L’initiative vise notamment à promouvoir une information responsable et à renforcer la sensibilisation autour des valeurs de paix et de tolérance.
Au terme des travaux, les participants se sont engagés à soutenir les initiatives portées par d’autres jeunes et à renforcer leur accompagnement au sein des communautés. Ils ont également réaffirmé leur volonté de jouer un rôle actif dans la prévention des conflits et de maintenir les échanges entre les jeunes de la région, au-delà des frontières.
La rencontre s’est achevée par la plantation symbolique d’un « Arbre de la Paix » dans l’enceinte du Centre Rio. Ce geste est venu matérialiser le message porté tout au long de la journée : faire des différences entre les jeunes non pas un facteur de division, mais une force pour construire ensemble un avenir plus pacifique, inclusif et solidaire dans la région des Grands Lacs.
Pascal Mushiarhamina



