Uvira : le MCMR-RDC dénonce une perception quotidienne de 2 500 FC auprès des conducteurs de bajaj

Le Mouvement citoyen Machozi ya Raïya (MCMR-RDC) dénonce une pratique qu’il juge illégale dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Dans une déclaration, cette organisation accuse des agents de la Police de circulation routière (PCR) d’exiger quotidiennement 2 500 francs congolais aux conducteurs de tricycles motorisés (Bajaj), sous l’appellation de « rapport ». Elle appelle les propriétaires de ces engins à se conformer aux exigences légales en matière de circulation.
Selon le mouvement, ces paiements sont notamment réclamés aux points de contrôle de Kalundu, Zawadi, Mulongwe, près du pont du même nom, Kasenga et Kavimvira. Initialement présentée comme une somme exigée aux conducteurs dont les documents ne sont pas en règle, cette perception concernerait également, d’après le MCMR-RDC, des bajaj disposant de documents conformes.
La structure citoyenne déplore la banalisation de ces paiements informels et dénonce un manque de transparence dans leur collecte. Elle affirme par ailleurs que certains engins appartenant à des personnes influentes, notamment des autorités civiles et militaires, échapperaient parfois à cette pratique, contrairement à ceux d’autres conducteurs.
Sur le plan financier, le MCMR-RDC estime que la ville d’Uvira compte plus de 3 500 bajaj. Sur la base de ce chiffre, si chacun de ces engins versait quotidiennement les 2 500 francs congolais évoqués, le montant théorique atteindrait 8,75 millions de francs congolais par jour, soit 262,5 millions sur 30 jours.
Le mouvement s’interroge sur la destination de ces fonds et estime que cette pratique pourrait occasionner un manque à gagner pour le Trésor public. Au-delà des implications financières, cette situation risquerait également de décourager la régularisation des documents de circulation.
Certains propriétaires pourraient être tentés de privilégier le paiement quotidien de cette somme plutôt que d’entreprendre les démarches nécessaires à l’obtention ou au renouvellement des pièces administratives exigées. Face à ces faits dénoncés, le mouvement citoyen appelle les propriétaires et les conducteurs de bajaj à obtenir et à maintenir en ordre tous les documents requis.
Il demande aux agents de circulation routière de mettre fin à toute perception illégale ou non justifiée et invite les autorités urbaines et provinciales à enquêter sur ces allégations, à vérifier les sommes éventuellement collectées et à en établir la destination.
Le MCMR-RDC attend ainsi des services compétents des éclaircissements sur les pratiques dénoncées aux différents points de contrôle d’Uvira. Une vérification des faits permettrait de déterminer la nature de ces paiements et de renforcer la transparence dans l’application de la réglementation routière.
Raphaël Lwango



