Tshilenge : face à la sécheresse, les producteurs de manioc renforcent leurs pratiques agricoles

Dans le territoire de Tshilenge, au Kasaï-Oriental, les petits producteurs de manioc renforcent leurs pratiques agricoles pour faire face aux effets de la saison sèche et mieux préparer la prochaine campagne. Cette dynamique bénéficie de l’accompagnement technique mis en œuvre dans le cadre du programme Outreach, avec l’appui de l’AALI et de l’IITA.
Au cours du mois d’août 2026, une mission d’accompagnement technique a été menée auprès de 28 organisations de producteurs de manioc réparties dans les villages de Bena Biaya, Nkuadi et Bena Matamba.

L’activité s’inscrit dans le cadre du programme de l’Agenda de Transformation Agricole (ATA3), notamment dans les interventions consacrées à la chaîne de valeur du manioc planté durant la saison B 2026.
L’objectif est de renforcer les capacités des producteurs, de promouvoir les bonnes pratiques agricoles et d’améliorer durablement la productivité ainsi que la résilience des ménages agricoles.
Au cours des échanges avec l’équipe technique, les producteurs ont fait état de plusieurs difficultés qui affectent le développement de leurs cultures. La sécheresse figure parmi les principales préoccupations, avec le flétrissement de certains plants, aggravé par les plantations tardives.
Les agriculteurs ont également évoqué le vol des feuilles de manioc, une pratique qui ralentit le développement des plants et peut compromettre la formation des racines tubéreuses. Le manque de main-d’œuvre permanente constitue une autre difficulté pour la réalisation de certaines opérations culturales.

Face à ces contraintes, l’équipe technique de l’AALI a partagé plusieurs orientations destinées à limiter les pertes et à favoriser le développement des cultures. Les producteurs ont notamment été encouragés à recourir au paillage pour contribuer à la conservation de l’humidité du sol, ainsi qu’au sarclo-binage superficiel pour assurer un meilleur entretien des parcelles.
Ils ont également été sensibilisés à l’importance d’installer des coupe-feu autour des champs afin de prévenir les dégâts causés par les feux de brousse. Le remplacement des plants manquants devra, quant à lui, être effectué dès le retour des pluies afin de maintenir une bonne densité dans les parcelles.
L’équipe technique a par ailleurs insisté sur la nécessité d’éviter l’écimage au début de la phase végétative. Cette pratique, lorsqu’elle est réalisée trop tôt, peut compromettre le développement des plants et la formation des racines tubéreuses.
La mission s’est achevée par une sensibilisation des petits producteurs sur la préparation de la grande saison A 2026, qui approche. Cette anticipation doit permettre aux organisations paysannes de mieux planifier leurs activités et de consolider les acquis de la saison B.
Il faut dire qu’à travers cet accompagnement, les acteurs de la filière manioc entendent renforcer la capacité des ménages agricoles à faire face aux aléas climatiques et à améliorer durablement leur production. Dans le territoire de Tshilenge, l’adoption de pratiques agricoles adaptées apparaît ainsi comme un levier important pour préserver les cultures et renforcer la résilience de la filière manioc.
Rédaction



