Journée mondiale de l’aide humanitaire : le REMEL-GL appelle les médias à mieux faire entendre la voix des communautés au Sud-Kivu

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août 2026, le Réseau des Médias en Ligne dans la région des Grands Lacs (REMEL-GL) appelle les professionnels des médias du Sud-Kivu à renforcer leur rôle dans la diffusion d’une information humanitaire fiable, vérifiée et responsable.
Le réseau l’a fait savoir dans un communiqué rendu public et parvenu à Estnews.info, dans lequel il souligne l’importance d’une information de qualité dans une province confrontée aux déplacements de populations, à l’insécurité, aux épidémies et à d’importants besoins humanitaires. Le REMEL-GL estime que les médias peuvent contribuer à rapprocher les communautés affectées des organisations intervenantes et à améliorer la compréhension des mécanismes d’assistance.
Pour le réseau, la mission des journalistes ne devrait pas se limiter à couvrir les distributions de vivres ou les différentes interventions humanitaires. Ils sont également appelés à expliquer aux populations le fonctionnement de l’aide, les critères de ciblage des bénéficiaires ainsi que les mécanismes de distribution.
Une meilleure compréhension de ces éléments peut contribuer à réduire les incompréhensions, les rumeurs et les tensions autour des interventions, tout en favorisant un dialogue plus constructif entre les communautés, les autorités et les organisations humanitaires.
Face aux plaintes, accusations ou rumeurs concernant une intervention, le REMEL-GL invite les journalistes à privilégier une démarche fondée sur la vérification des faits. Le recoupement des informations, la consultation des différentes parties et le respect du droit de réponse doivent permettre de traiter ces questions avec rigueur, sans fragiliser injustement les actions destinées aux personnes vulnérables.
Cette fonction de relais concerne particulièrement les personnes déplacées, les retournés et les communautés d’accueil. Leurs difficultés liées à l’accès aux vivres, aux soins de santé, à l’eau potable, aux abris, à la protection et à d’autres services essentiels doivent pouvoir être portées à la connaissance des décideurs et des organisations intervenantes.
Dans les situations de crise, la diffusion d’informations fausses ou insuffisamment vérifiées peut avoir des conséquences importantes. Selon le REMEL-GL, elle risque notamment d’alimenter les tensions, de provoquer des mouvements inutiles de populations, d’affaiblir la confiance des communautés et, dans certains cas, de perturber l’accès aux services essentiels.
Pour prévenir ces risques, le réseau recommande aux médias de vérifier leurs informations avant leur diffusion, de donner la parole aux communautés affectées, de relayer leurs besoins, de lutter contre les rumeurs et la désinformation et de respecter la dignité, la sécurité et la confidentialité des personnes vulnérables.
La responsabilité d’améliorer la circulation de l’information ne concerne toutefois pas uniquement les journalistes. Le REMEL-GL encourage également les organisations humanitaires à renforcer leur collaboration avec les médias locaux en facilitant leur accès aux informations officielles sur les programmes, les résultats, les critères de ciblage et les mécanismes de distribution de l’aide.
Lorsque cela est possible, ces organisations sont invitées à désigner des points focaux chargés de répondre aux demandes d’information des journalistes et de partager régulièrement les informations relatives aux services disponibles dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la protection et de l’assistance alimentaire.
Le réseau plaide par ailleurs pour le renforcement des capacités des médias locaux dans le traitement des questions humanitaires. Les formations devraient notamment porter sur les principes humanitaires, la protection des populations, la sensibilité aux conflits, la lutte contre la désinformation et le traitement éthique des témoignages.
Pour le REMEL-GL, une collaboration structurée entre médias, communautés et organisations humanitaires peut contribuer à améliorer l’accès à l’information, prévenir les incompréhensions et faire en sorte que les préoccupations des populations affectées soient davantage prises en compte dans les réponses apportées.
En cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, le réseau réaffirme ainsi son engagement en faveur d’un journalisme humanitaire professionnel, responsable et indépendant, capable de donner une place centrale aux besoins et à la dignité des populations confrontées aux crises.
Rédaction



