Humanitaire

Violences armées dans l’Est de la RDC : le CICR publie son rapport humanitaire du premier semestre 2025

Face à l’intensification des violences armées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a renforcé ses opérations humanitaires au cours du premier semestre 2025.

Dans un rapport récemment publié, l’organisation présente un bilan marqué par des actions concrètes en faveur des populations civiles, victimes directes des conflits et des situations de violence dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon les chiffres communiqués, plus de 167 000 consultations curatives ont été assurées dans les centres de santé et hôpitaux appuyés. À cela s’ajoutent 47 000 vaccinations, près de 18 500 consultations prénatales et plus de 21 000 séances de soins en santé mentale et en soutien psychosocial pour des personnes affectées par les violences, qu’il s’agisse de victimes d’attaques armées, de violences sexuelles ou de bénéficiaires de services de réadaptation.

Les hôpitaux soutenus au Nord et au Sud-Kivu ont également pris en charge plus de 3 100 blessés par armes. Pour renforcer la réponse, le CICR a distribué des kits de stabilisation à 22 structures de santé, permettant de soigner gratuitement près de 670 victimes. Des tentes médicales ont été installées afin d’élargir les capacités d’accueil, et 116 professionnels de santé ont été formés à la chirurgie de guerre dans un pôle spécialisé.

L’appui a aussi concerné les lieux de détention, où la situation sanitaire demeure préoccupante. Plus de 7 500 consultations curatives ont été réalisées dans les dispensaires des prisons soutenues et plus de 3 200 détenus ont bénéficié d’un programme nutritionnel. Pour les cas les plus graves, 258 personnes souffrant de malnutrition aiguë sévère ont reçu un suivi médical spécifique.

Le CICR a également travaillé à l’amélioration des services essentiels. Plus de 43 000 litres de carburant ont été fournis à la REGIDESO et à des structures médicales, deux lignes électriques alimentant Goma ont été réhabilitées et près de 9 500 m³ d’eau potable ont été livrés aux structures sanitaires. Ces interventions ont permis de maintenir la continuité des soins malgré les coupures d’électricité et les pénuries d’eau.

La protection des familles séparées est restée un axe prioritaire. Au total, 208 enfants non accompagnés ont été enregistrés et 105 réunifications familiales ont eu lieu. Plus de 2 500 appels gratuits ont été facilités, permettant à des proches dispersés de renouer le contact.

Dans ce climat de tensions persistantes, le CICR a multiplié les échanges avec les parties prenantes aux affrontements afin de rappeler leurs obligations en matière de droit international humanitaire et de promouvoir le respect des principes fondamentaux visant à réduire les souffrances civiles.

Des visites régulières ont également été effectuées auprès des personnes privées de liberté pour évaluer leurs conditions de détention et veiller au respect de leur dignité.

Sur le plan médical, l’organisation a renforcé les capacités locales en matière de soins aux blessés, aux malades et aux victimes de violences sexuelles grâce à la fourniture de médicaments, au soutien aux équipes soignantes et à l’amélioration de l’accès aux soins de santé primaires dans plusieurs zones affectées par la guerre.

Elle a aussi accompagné les communautés locales dans la restauration de leurs moyens de subsistance à travers des projets agricoles, la réhabilitation de points d’eau, l’amélioration de l’accès à l’électricité et la mise en place d’autres services de base dans divers territoires du Nord et du Sud-Kivu.

En collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC, le CICR a participé à la gestion des corps retrouvés sur les zones de combat, dans le respect de la dignité humaine et des rites culturels.

Le rapport couvrant la période de janvier à juin 2025 met en évidence une réponse multisectorielle adaptée aux réalités du terrain.

Dans un contexte sécuritaire marqué par la fragilité et l’incertitude, le CICR réaffirme son mandat de neutralité et son engagement humanitaire exclusif au service des populations les plus vulnérables.

Pascal Mushiarhamina

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