Kivu : entre violences armées et Ebola, le CICR alerte sur une crise humanitaire qui s’aggrave

Alors que l’épidémie de maladie à virus Ebola mobilise l’attention dans l’est de la République démocratique du Congo, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) met en garde contre le risque de voir les conséquences humanitaires des conflits armés reléguées au second plan.
Dans un communiqué publié le 15 juin 2026, l’organisation souligne que les besoins des populations affectées par les violences restent immenses et continuent de s’intensifier.
Entre le 15 mai et le 15 juin, les cinq hôpitaux soutenus par le CICR au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ont enregistré 303 blessés, soit une hausse d’environ 30 % par rapport au mois précédent. Cette augmentation traduit la persistance des affrontements dans plusieurs zones de l’Est du pays, où les structures sanitaires fonctionnent à nouveau à la limite de leurs capacités.
Au Sud-Kivu, les hôpitaux de Bukavu, Uvira et Fizi ont pris en charge 170 blessés, représentant plus de la moitié des admissions recensées dans les établissements appuyés par l’organisation. Selon le CICR, cette situation reflète une recrudescence des violences dans les Hauts Plateaux.
Pour les populations déjà fragilisées par des années de conflits, de déplacements forcés et de précarité, l’apparition d’une nouvelle épidémie d’Ebola vient aggraver une situation humanitaire déjà critique. De nombreux habitants se retrouvent confrontés simultanément à l’insécurité, à la perte de leurs moyens de subsistance et à la menace sanitaire.
Les témoignages recueillis dans les structures de santé illustrent l’ampleur de cette détresse. Certains blessés ignorent où ils pourront trouver refuge après leur sortie de l’hôpital, tandis que d’autres décrivent un quotidien marqué par la peur, la faim, l’exil et l’épuisement psychologique.
Le CICR s’inquiète également des conséquences de l’utilisation d’armes explosives dans les zones habitées. Plus de 16 % des patients pris en charge dans les hôpitaux soutenus par l’organisation ont été victimes d’explosions, une situation qui entraîne non seulement des pertes humaines, mais aussi une contamination durable des terres et des espaces agricoles par des restes explosifs de guerre.
Dans ce contexte, la propagation d’Ebola dans des régions touchées par les hostilités risque de compliquer davantage l’accès aux soins et l’acheminement de l’aide humanitaire.
L’organisation insiste sur la nécessité de préserver un espace humanitaire sûr afin de permettre aux équipes médicales et aux acteurs de la riposte d’intervenir efficacement auprès des populations affectées.
Face à cette double crise, le CICR appelle les parties prenantes à faciliter l’accès humanitaire et à renforcer la coopération sanitaire, estimant qu’une réponse coordonnée demeure indispensable pour garantir une prise en charge rapide des malades et des blessés, dans une région déjà lourdement éprouvée par les conflits et les urgences sanitaires.
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