Santé

Sud-Kivu : Plus de 118 000 cas de troubles mentaux en six mois, la DPS appelle à renforcer la prise en charge psychologique

À l’occasion de la 33ᵉ Journée mondiale de la santé mentale célébrée le 10 octobre 2025, la Division Provinciale de la Santé du Sud-Kivu (DPS) a tiré la sonnette d’alarme sur la hausse inquiétante des troubles psychologiques dans la province. 

Elle plaide pour un renforcement de la prise en charge psychologique afin de consolider la paix et la cohésion sociale.

Placée sous le thème national « Promouvoir la santé mentale pour une paix durable en RDC », cette journée a également été marquée au niveau international par l’appel à un meilleur accès aux services de santé mentale dans les situations de catastrophes et d’urgences.

Selon les données publiées par la DPS, 118 379 cas de troubles mentaux ont été enregistrés entre janvier et juin 2025, dont 10 888 liés au stress post-traumatique, 6 178 à la dépression, 2 437 à la toxicomanie et 93 cas de suicide.

Ces chiffres, présentés par le chef de division intérimaire, Michel Maneno, illustrent l’impact direct des conflits, de la pauvreté et des violences répétées sur la santé mentale des habitants du Sud-Kivu.

Pour y faire face, la DPS a déployé des psychologues dans plusieurs structures hospitalières de la province afin d’assurer un meilleur accompagnement des patients.

Michel Maneno a invité la population à consulter dès les premiers signes de détresse mentale, rappelant que la prévention reste essentielle pour préserver la stabilité sociale.

Le chef de la DPS, Dr Pépin Nabugobe Shamavu, a souligné que les blessures mentales non soignées alimentent les tensions communautaires et fragilisent la cohésion sociale. Il estime que la santé mentale, encore marginalisée, doit être placée au cœur des priorités de développement.

Pour la DPS du Sud-Kivu, la promotion du bien-être psychologique relève d’une responsabilité collective. Les autorités, les leaders communautaires, les confessions religieuses et les médias sont appelés à s’impliquer davantage dans la sensibilisation et la prévention.

Le Dr Nabugobe a conclu en affirmant qu’aucune paix durable ne peut se construire sans un équilibre mental collectif.

Pascal Mushiarhamina

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