Justice

Présidence de la Cour constitutionnelle : Dieudonné Kamulete vers la sortie ? Un scrutin sous haute tension

La Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo s’apprête à vivre une étape déterminante. Ce vendredi 20 juin 2025, ses juges sont appelés à élire un nouveau président, marquant la fin du mandat triennal de Dieudonné Kamulete Badibanga, en fonction depuis juillet 2022.

Mais loin d’être une simple formalité, ce scrutin s’annonce sous haute tension. L’ambition affichée de M. Kamulete pour un second mandat divise profondément au sein de la haute juridiction.

Selon des sources internes, une frange influente des juges remet en question la gestion du président sortant, pointant notamment son positionnement jugé trop engagé lors des contentieux électoraux de 2023.

Cette critique renforce une impression de politisation de l’institution, dont la neutralité est pourtant essentielle à sa légitimité. Plusieurs décisions rendues sous la présidence Kamulete ont en effet suscité des interrogations dans l’opinion, perçues comme favorisant certaines forces politiques au détriment de l’impartialité attendue.

« Nous avons besoin d’une présidence apaisée, capable de réconcilier la Cour avec sa mission de sagesse », confie un magistrat sous anonymat.

Dans ce contexte, l’élection de jeudi prend une tournure politique. Au-delà du renouvellement du bureau, c’est l’orientation même de la Cour qui est en jeu, dans un pays où la justice constitutionnelle joue un rôle clé dans la régulation des institutions et l’arbitrage électoral.

À l’approche des scrutins locaux et sénatoriaux, la désignation du futur président pourrait peser lourd dans les équilibres à venir.

En coulisses, plusieurs noms circulent déjà parmi les prétendants au perchoir, notamment des profils perçus comme plus neutres ou plus rassembleurs. Aucun favori ne se détache clairement, et l’issue du vote reposera sur un fragile jeu d’alliances, où les équilibres internes pèseront plus que les ambitions individuelles.

Ce scrutin, très attendu tant par les milieux politiques que juridiques et diplomatiques, sera donc un révélateur. La haute juridiction saura-t-elle restaurer la confiance et affirmer son indépendance ? Réponse dans les prochaines heures.

Hope Patrick

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