Fizi 3 : élèves et enseignants pris au piège de frais illégaux, la société civile exige des comptes

le Mouvement citoyen Machozi ya Raiya coordination territoriale de Fizi au Sud-kivu, dénonce une série de pratiques jugées illégales dans la sous-province éducative Fizi 3, visant à la fois les élèves finalistes du primaire et les enseignants.
Dans une déclaration consultée par Estnews.info, cette structure citoyenne fustige des prélèvements financiers qualifiés d’abusifs, dans un contexte déjà fragilisé par la précarité du système éducatif local.
Il ressort de ce document que les élèves de sixième année primaire sont contraints de verser 3 000 francs congolais pour la capture de photos numériques. Un montant jugé excessif, surtout lorsqu’on le compare aux 1 000 francs exigés dans les sous-provinces voisines de Fizi 1 et Fizi 2.
Autre élément pointé du doigt, les photos en question seraient prises à l’aide d’un simple téléphone Android, ce qui renforce les soupçons d’irrégularités dans la gestion de ces frais.
Du côté des enseignants, la pression financière est également dénoncée. Chacun d’eux est appelé à contribuer à hauteur de 2 000 francs congolais, tandis que les chefs d’établissements doivent verser 5 000 francs pour les préparatifs de la fête de l’enseignement prévue le 30 avril 2026 à Swima.
Une situation d’autant plus préoccupante que les enseignants accusent déjà près de deux mois d’arriérés de salaire, aggravant davantage leurs conditions de vie.
Dans le même registre, d’autres contributions sont signalées, notamment 20 000 francs congolais exigés par école pour la toiture de la salle de réunion de la sous-province, ainsi que le même montant pour des activités sportives. Des frais jugés injustifiés par le mouvement, qui rappelle que cette entité bénéficie déjà de subventions de fonctionnement.
Selon la même source, ces pratiques ne sont pas nouvelles. Des cas similaires auraient été enregistrés l’année précédente, impliquant notamment des frais liés à l’Exetat 2025, dont les appellations auraient été modifiées pour contourner la réglementation en vigueur.
Suite à cette situation, le Mouvement citoyen Machozi ya Raiya formule plusieurs exigences. Il appelle notamment à la suppression immédiate de ces frais jugés illégaux, au remboursement des sommes déjà perçues auprès des parents et des enseignants, ainsi qu’à l’implication urgente de l’Inspection principale provinciale Sud-Kivu 2 afin de faire toute la lumière sur ce dossier.
Le mouvement affirme détenir des preuves attestant de ces pratiques et réitère son engagement à défendre les droits des élèves et des enseignants, dans un contexte où ces derniers continuent de faire face à des conditions de travail particulièrement difficiles dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Raphaël Lwango



