Bukavu : la société civile actualise son plan d’action sur la justice transitionnelle après 12 ans

Des représentants d’organisations de la société civile, d’associations de victimes et d’acteurs communautaires sont réunis à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-kivu depuis ce lundi 15 juin 2026, pour réexaminer le plan d’action sur la justice transitionnelle élaborée en 2014.
Cette démarche vise à adapter ce document aux nouvelles réalités sécuritaires, politiques et humanitaires de l’est de la République démocratique du Congo.
Organisé par le Réseau des Associations Congolaises des Jeunes (RACOJ), avec l’appui d’Impunity Watch, l’atelier se présente comme un cadre d’évaluation du chemin parcouru depuis l’adoption de ce plan. Les participants analysent les avancées enregistrées, les défis persistants ainsi que les ajustements nécessaires pour répondre efficacement au contexte actuel.
Selon Didier Kigonya, coordinateur du RACOJ, la révision du document s’impose en raison des profondes mutations intervenues dans la région au cours de la dernière décennie.
« Nous sommes dans un contexte totalement différent de celui de 2014. Il était devenu nécessaire de revisiter ce document afin qu’il réponde aux défis actuels », a-t-il expliqué.
Depuis l’élaboration du plan, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont été confrontées à de nouvelles vagues de violences, à des déplacements massifs de populations, à l’apparition de nouveaux groupes armés ainsi qu’à la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23.
Malgré la multiplication des initiatives de paix, les attentes des victimes en matière de justice et de réparation restent largement insatisfaites. Au cours des travaux, les participants examinent les principaux mécanismes de la justice transitionnelle, notamment la recherche de la vérité, la justice, les réparations, la mémoire collective et les garanties de non-répétition.
Plusieurs intervenants plaident également pour une implication accrue des victimes dans les processus de paix et les négociations en cours.
Pour les organisations présentes, les discussions diplomatiques engagées notamment à Doha et à Washington constituent une opportunité de replacer les préoccupations des victimes au centre des initiatives de résolution des conflits.
Les assises, prévues sur trois jours, devraient déboucher sur des recommandations destinées à orienter les futures actions de plaidoyer de la société civile auprès des autorités nationales, des partenaires internationaux et des différents acteurs impliqués dans la recherche d’une paix durable dans l’est de la RDC.
Au-delà de la simple mise à jour d’un document stratégique, cette initiative vise à adapter les mécanismes de justice transitionnelle aux réalités actuelles d’une région qui continue de subir les conséquences de plusieurs décennies de conflits.
Rédaction



