Ituri : des cas suspects d’Ebola en fuite après l’incendie d’une structure sanitaire à Mongbwalu

La situation reste préoccupante à Mongbwalu, dans le territoire de Djugu en province de l’Ituri, après l’incendie d’une structure destinée à l’isolement des cas suspects et positifs d’Ebola.
L’attaque, attribuée à des inconnus, est survenue dans la nuit du vendredi au samedi 23 mai 2026 et ravive les craintes d’une aggravation de l’épidémie dans cette zone considérée comme l’un des principaux foyers de la maladie.
Selon des sources médicales locales, les faits se sont produits sur un site sanitaire où étaient installées des tentes d’isolement destinées à désengorger l’hôpital de Mongbwalu, confronté à un afflux important de patients. Les assaillants ont incendié l’une des infrastructures déjà construites, semant la panique parmi le personnel soignant et la population. Aucun malade ne se trouvait dans la tente au moment de l’attaque.
Des informations recueillies auprès de confrères à Bunia indiquent également que l’accès aux informations devient de plus en plus difficile dans les zones de santé de Rwampara et de Mongbwalu, épicentres de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC. La structure incendiée accueillait principalement des patients présentant des signes compatibles avec cette maladie.
Après l’incendie, plusieurs cas suspects se seraient évadés de l’hôpital, selon des sources sanitaires locales. Une vingtaine de personnes étaient prises en charge dans cette structure médicale avant les incidents. Les autorités sanitaires redoutent désormais une propagation communautaire du virus si certains des patients en fuite sont effectivement infectés par Ebola.
D’après les responsables sanitaires locaux, une partie de la population continue d’exprimer de la méfiance envers les équipes médicales et les organisations humanitaires engagées dans la riposte.
Certaines personnes attribuent encore la propagation de l’épidémie à la présence de ces organisations ou contestent les diagnostics médicaux posés dans les centres de santé. Cette situation alimente des tensions et des actes de violence contre les infrastructures sanitaires.
Il faut dire que, jusqu’à présent, les autorités administratives, militaires et sanitaires n’ont pas officiellement commenté ces actes de sabotage.
Dans ce climat tendu, plusieurs observateurs appellent les autorités à renforcer la communication autour de l’épidémie afin d’éviter la propagation des rumeurs et de restaurer la confiance entre la population et les équipes de riposte sanitaire.
Raphaël Lwango



