Uvira : des inquiétudes grandissantes face à la concurrence transfrontalière des commerçants ambulants burundais

La présence croissante de commerçants ambulants burundais dans la ville d’Uvira suscite des préoccupations au sein de plusieurs acteurs économiques locaux. Chaque jour, de nombreux vendeurs franchissent la frontière de Kavimvira pour écouler divers produits dans les trois communes de la ville ainsi que dans plusieurs marchés, notamment ceux de Maendeleo, Kasenga et Mulongwe.
Tomates, épices, fruits, patates douces, vêtements, chaussures et autres marchandises sont proposés à la clientèle locale à des prix souvent jugés compétitifs. Cette situation alimente toutefois le débat sur l’encadrement des activités commerciales transfrontalières et leurs effets sur l’économie locale.
Selon plusieurs commerçants d’Uvira, cette concurrence affecterait leurs activités. Soumis aux taxes locales et à diverses charges d’exploitation, certains affirment éprouver des difficultés à écouler leurs marchandises face à des vendeurs ambulants qui exerceraient leurs activités sans les mêmes obligations fiscales.
Par ailleurs, des sources locales rappellent qu’un espace commercial avait été aménagé à Kavimvira afin d’accueillir ces commerçants étrangers. Cependant, plusieurs d’entre eux continueraient à exercer leurs activités dans différents quartiers de la ville, en dehors de cet espace dédié.
C’est dans ce contexte que le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA a exprimé son indignation. Dans une déclaration rendue publique, le mouvement estime que cette situation compromet les efforts des petits et moyens commerçants locaux et appelle les autorités urbaines à prendre des mesures concrètes pour protéger les activités économiques des citoyens congolais.
Le mouvement souligne également ce qu’il considère comme une différence de traitement entre les ressortissants burundais exerçant des activités en République démocratique du Congo et les Congolais vivant ou travaillant au Burundi. Selon ses responsables, les activités économiques accessibles aux Congolais dans ce pays voisin demeureraient soumises à des restrictions et à un contrôle rigoureux.
MACHOZI YA RAÏYA affirme en outre que des ressortissants burundais seraient présents dans plusieurs secteurs d’activité à Uvira, notamment le commerce, le transport, les services, les chantiers de construction et d’autres activités informelles, estimant que cette situation favorise une concurrence qu’il juge défavorable aux travailleurs et entrepreneurs locaux.
Face à cette réalité, l’organisation appelle les autorités provinciales et urbaines à renforcer le contrôle des activités commerciales transfrontalières, à faire respecter l’espace commercial de Kavimvira, à procéder à l’identification des commerçants étrangers et à garantir une application équitable des taxes.
Il prévient que des actions citoyennes pourraient être envisagées si aucune mesure n’est prise pour répondre à ses préoccupations.
Raphaël Lwango



