Kabare : La société civile de Mumosho alerte sur la délinquance juvénile et appelle à l’implication urgente des autorités

La Société civile forces vives, sous-noyau de Mumosho, dans le territoire de Kabare, alerte les autorités civiles et militaires, ainsi que les parents et défenseurs des droits de l’enfant, sur la montée inquiétante de la délinquance juvénile dans cette partie du Sud-Kivu.
Selon André Cizungu, président de cette structure citoyenne, plusieurs élèves en uniforme sont régulièrement aperçus à bord des motos Bajaj se dirigeant vers l’Hôpital général de référence de Nyantende.
Cependant, après des enquêtes menées par la société civile, il s’est avéré que ces jeunes ne se rendent pas à l’hôpital, mais plutôt au stade de Bukavu, situé à Nyantende, pour des activités non encadrées.
Les paysans voisins du stade ont également alerté sur le comportement de certaines élèves, souvent absentes des cours, que ce soit à cause du manque d’enseignants, de la négligence ou de l’absentéisme volontaire.
Ces jeunes filles seraient fréquemment transportées par leurs partenaires à bord de motos Bajaj, parfois accompagnées de musique à volume élevé, en provenance notamment de Panzi et Kasihe.
« Ces enfants consomment des boissons fortement alcoolisées, du whisky et du chanvre, avant de s’adonner à des rapports sexuels dans les broussailles qui entourent le stade », déplore André Cizungu.
Il cite notamment le cas récent d’une adolescente de 15 ans, élève en 8ᵉ année de l’école de Buhozi, appréhendée à bord d’une moto en compagnie de son partenaire. Leur plan a été découvert grâce à des échanges téléphoniques trouvés dans le téléphone de la jeune fille.
Face à cette situation alarmante, la société civile de Mumosho appelle les autorités politico-administratives, militaires et policières à prendre des mesures sévères contre les conducteurs de Bajaj qui favorisent ces dérives, ainsi que contre les élèves qui abandonnent les cours pour se livrer à de tels comportements.
Elle invite également les parents à renforcer la surveillance du mouvement quotidien de leurs enfants, afin de s’assurer qu’ils se rendent effectivement à l’école.
Cette vigilance, estime la société civile, permettra de réduire les risques liés au banditisme, aux infections sexuellement transmissibles, aux grossesses précoces et aux avortements clandestins.
François Ishaka, depuis Kabare



