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Uvira : la pénurie de liquidités fait grimper les frais de retrait du Mobile Money

L’accès aux liquidités demeure difficile à Uvira, au Sud-Kivu, où la population fait face à des coûts élevés pour les retraits d’argent via le Mobile Money. Les difficultés concernent également certains établissements bancaires, confrontés à une disponibilité limitée des espèces.

Dans une alerte, le mouvement citoyen Machozi ya Raïya dénonce cette situation qui affecte les ménages, les commerçants, les travailleurs ainsi que les organisations humanitaires et les ONG opérant dans la région. Selon cette structure, les difficultés se sont accentuées après la fermeture temporaire de plusieurs banques durant la période d’occupation de la ville.

Malgré la reprise progressive des activités de certains établissements, notamment la TMB et la FBN Bank, l’accès au cash reste limité. Les services de Mobile Money, parmi lesquels M-Pesa, Airtel Money et Orange Money, occupent ainsi une place importante dans les opérations quotidiennes de dépôt, transfert et retrait.

Pour un retrait de 100 dollars américains en espèces, les usagers devraient supporter, selon Machozi ya Raïya, entre 4 et 5 dollars supplémentaires en frais. Cette situation augmente les charges des utilisateurs et pourrait également avoir des répercussions sur les activités commerciales et le pouvoir d’achat.

Les difficultés d’approvisionnement en espèces toucheraient aussi certains clients des banques. Des organisations humanitaires et des ONG seraient parfois contraintes de rechercher des possibilités de retrait dans d’autres villes, notamment à Kalemie, lorsque les liquidités disponibles à Uvira ne suffisent pas à couvrir leurs besoins.

Le mouvement citoyen alerte également sur les conséquences de cette situation pour les agents de l’État et d’autres travailleurs dont les revenus transitent par le système bancaire. Les écarts entre certains taux appliqués dans le circuit bancaire et ceux observés sur le marché local peuvent, selon lui, réduire le pouvoir d’achat lors de la conversion ou du retrait des revenus.

Face à ces difficultés, Machozi ya Raïya appelle le Gouvernement congolais et la Banque centrale du Congo à renforcer les mécanismes de régulation et à améliorer la disponibilité des liquidités à Uvira. La structure demande notamment un suivi accru des flux financiers ainsi qu’une meilleure transparence des frais appliqués au Mobile Money.

Elle plaide également pour l’installation de la Banque centrale du Congo à Uvira, estimant que cette présence contribuerait à mieux encadrer le secteur financier et à répondre aux difficultés liées à la circulation des espèces.

Pour Machozi ya Raïya, la reprise des activités bancaires ne suffit pas à rétablir la normalité financière. Celle-ci doit aussi permettre à la population d’accéder effectivement à ses revenus, d’effectuer des retraits à des coûts raisonnables et de poursuivre ses activités économiques dans de meilleures conditions.

Raphaël Lwango

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