Sud-Kivu : plus de 20 000 personnes se réfugient dans la forêt d’Itombwe pour fuir l’insécurité

La situation sécuritaire et humanitaire demeure alarmante dans le secteur d’Itombwe, particulièrement à Kipupu et dans ses environs, au Sud-Kivu. Plus de 20 000 personnes auraient trouvé refuge dans la forêt de la réserve naturelle d’Itombwe pour échapper à l’insécurité, où elles vivent dans des conditions de grande précarité, selon une alerte du mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA.
Contraintes de quitter leurs milieux de vie, ces populations passent leurs nuits à la belle étoile, faute d’abris adéquats. Elles sont également confrontées à une grave pénurie de nourriture, de médicaments et d’autres produits de première nécessité. L’absence d’assistance humanitaire vient aggraver leur vulnérabilité, les exposant à de nombreux risques sanitaires et sécuritaires.
Cette crise humanitaire exerce aussi une pression croissante sur l’environnement. L’afflux de déplacés dans la réserve naturelle favoriserait la coupe des arbres pour la construction d’abris et la production de charbon de bois, faisant peser une menace supplémentaire sur cet écosystème protégé.
Sur le plan sécuritaire, le mouvement citoyen déplore l’absence signalée des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) dans la zone. Selon cette structure, seuls des éléments Wazalendo seraient présents sur place, une situation qui suscite des inquiétudes quant à la protection des civils réfugiés dans la forêt.
Face à cette urgence, MACHOZI YA RAÏYA alerte les autorités compétentes sur la détresse des populations d’Itombwe, de Kipupu et des localités environnantes. Le mouvement appelle également les organisations humanitaires à évaluer rapidement les besoins sur le terrain et à fournir une assistance d’urgence, notamment en vivres, en médicaments, en abris et en eau potable.
Par ailleurs, l’organisation exhorte les autorités sécuritaires à prendre les mesures nécessaires pour garantir la protection effective des civils, conformément à leurs obligations en matière de protection des populations.
Cette situation met en évidence l’urgence d’une réponse coordonnée des autorités et des acteurs humanitaires afin de venir en aide aux milliers de personnes contraintes de se réfugier dans la forêt, tout en préservant la réserve naturelle d’Itombwe, fragilisée par les conséquences de cette crise.
Raphaël Lwango


