Sud-kivu : des barrières illégales se multiplient sur la RN5 entre katogota et uvira, des extorsions dénoncées

La multiplication des barrières illégales sur la route nationale numéro 5 (RN5), entre Katogota et Uvira, dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-kivu, suscite de vives préoccupations. Selon le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA, des usagers de cet axe routier sont régulièrement soumis à des paiements forcés et à diverses tracasseries imputées à certains éléments Wazalendo.
D’après cette structure citoyenne, plusieurs dizaines de barrières seraient installées le long de cet itinéraire. Les passagers en provenance de Bukavu ou d’Uvira, dans les deux sens, seraient contraints de verser entre 3 000 et 5 000 francs congolais, voire davantage, à chaque point de contrôle. Les transporteurs de marchandises devraient, quant à eux, payer 100 000 FC ou plus par barrière, alourdissant ainsi les charges liées au transport.
À la barrière de Kabunambo, les pratiques dénoncées prendraient également la forme de tracasseries et d’humiliations. Les agents concernés exigeraient la présentation des pièces d’identité avant d’en conditionner la restitution au versement d’une somme d’argent, rapporte le mouvement citoyen.
Malgré les interventions menées par les autorités à différents niveaux, la situation resterait préoccupante. MACHOZI YA RAÏYA déplore l’absence de solutions durables de la part des autorités territoriales, provinciales et nationales, alors que ces pratiques affectent la libre circulation des personnes et des biens sur cet axe stratégique.
Dans sa dénonciation, l’organisation souligne également un contraste entre les zones sous contrôle gouvernemental et celles occupées par les rebelles. Selon elle, les barrières de ce type seraient absentes dans certaines zones contrôlées par les groupes rebelles, tandis qu’elles seraient nombreuses dans les secteurs sous contrôle des forces gouvernementales.
Face à cette situation, le mouvement appelle les autorités politico-militaires à prendre des mesures concrètes pour démanteler ces barrières et mettre fin aux extorsions présumées. Il plaide également pour une prise en charge effective des éléments Wazalendo, estimant qu’un encadrement approprié pourrait contribuer à prévenir ces abus.
La persistance de ces pratiques soulève ainsi la question du contrôle des points de passage et de la protection des usagers de la RN5, un axe essentiel aux échanges commerciaux et aux déplacements des populations dans la plaine de la Ruzizi.
Signalons qu’aucune réaction officielle des autorités concernées n’est rapportée dans les éléments à l’origine de cette dénonciation.
Rédaction



