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Kabare : face à la répétition des cas de suicide, les habitants appelés à la résilience malgré les conflits armés

Le territoire de Kabare continue d’enregistrer plusieurs cas de suicide. Face à cette situation, le psychologue Patrick Malaho et Léonidas Tabaro, président de la société civile, bureau de coordination territoriale de Kabare, appellent la population à faire preuve de patience et de résilience malgré les conditions de vie difficiles imposées par les conflits armés.

Selon eux, la recrudescence des cas de suicide, observée surtout dans les groupements de Bugorhe, Bushumba, Kagabi et Irhambi-Katana, est liée au dégoût de la vie provoqué par le traumatisme et l’anxiété résultant de la précarité socio-économique et sécuritaire.

« Depuis le début de la guerre et la montée de l’insécurité sous toutes ses formes, la population se retrouve sans moyens de défense face aux attaques dont elle est victime sur les plans économique, sécuritaire, psychologique et social », a analysé le psychologue Patrick Malaho.

Sur le plan sécuritaire, les crépitements des balles à tout moment sèment la peur au sein des habitants, car la vie humaine est directement menacée, ce qui fait naître une perte d’espérance. Sur le plan économique, les pillages des biens de la population réduisent à néant les efforts de plusieurs années, laissant les familles sans aucun moyen de survie.

Sur le plan social, certaines familles n’ont plus les moyens de scolariser leurs enfants. La pauvreté s’accentue, le chômage gagne du terrain et plusieurs parents n’exploitent plus leurs champs à cause de l’insécurité.

Sur le plan psychologique, la population vit dans la peur permanente, l’anxiété et le dégoût de la vie. Certaines personnes se sentent rejetées, aussi bien dans leurs familles que dans la société.

« Certaines personnes faibles d’esprit et sans patience choisissent de se donner la mort, incapables de supporter les abus et violations des droits humains. Pourtant, en se suicidant, elles aggravent la situation en laissant derrière elles des orphelins sans encadrement, exposés au risque de devenir enfants de la rue », ajoute le psychologue.

Pour Léonidas Tabaro, président de la société civile territoriale, cette façon de réagir est regrettable. Il appelle la population à revenir à la raison et à rejeter le suicide qu’il qualifie d’acte de lâcheté. « La population doit endurer les multiples difficultés qu’elle traverse, notamment la guerre, le chômage, les conflits familiaux et la famine », a-t-il déclaré.

Il encourage les habitants à adopter une attitude de résilience, à se rapprocher des rares centres d’encadrement psychosocial disponibles et à privilégier le dialogue au sein des familles.

Appelant également les autorités à créer davantage de centres d’encadrement psychosocial pour les victimes, à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, et à travailler ensemble pour restaurer la paix dans la partie orientale du pays.

Nos sources rapportent que, pour une période de moins d’un an, le groupement de Bugorhe arrive en tête avec quatre cas de suicide, dont une femme, suivi de Bushumba avec un cas, Mbobero un cas et Irhambi-Katana un cas.

François Ishaka, depuis Kabare

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