Sud-Kivu : la dépendance au charbon de bois accentue la déforestation, Machozi ya Raïya appelle à des mesures urgentes

La pression exercée sur les forêts du Sud-Kivu par la demande croissante en charbon de bois inquiète le Mouvement citoyen Machozi ya Raïya (MCMR-RDC), qui alerte sur les conséquences environnementales de cette forte dépendance au bois-énergie et appelle les autorités à engager des mesures urgentes en faveur d’une transition énergétique adaptée aux réalités de la province.
Selon une publication de Mongabay citée par cette structure citoyenne, entre 200 et 250 tonnes de charbon de bois entreraient quotidiennement dans la ville de Bukavu, où plus de 90 % des ménages urbains auraient recours à cette source d’énergie. Une telle consommation contribue à accroître la pression sur les ressources forestières des territoires qui approvisionnent la capitale provinciale.
Les données attribuées à Global Forest Watch et reprises dans cette publication font état de plus de 80 000 hectares de couverture forestière perdus entre 2001 et 2020 dans les territoires de Kalehe, Kabare et Mwenga. L’urbanisation de Bukavu et l’augmentation de ses besoins énergétiques contribueraient ainsi à déplacer progressivement la pression environnementale vers les zones rurales.
Kalehe, Kabare, Mwenga, la plaine de la Ruzizi et le territoire d’Uvira figurent parmi les espaces concernés par cette exploitation du bois-énergie. La réduction du couvert végétal peut notamment favoriser l’érosion des sols, les glissements de terrain, le ruissellement et les inondations, tout en fragilisant les écosystèmes et les bassins versants.
Pour faire face à cette situation, le MCMR-RDC préconise la mise en place d’une stratégie provinciale de transition énergétique tenant compte des capacités financières des ménages ainsi que des réalités urbaines et rurales, recommandant également la promotion de solutions alternatives, notamment l’énergie solaire, les foyers améliorés, la valorisation durable de la biomasse et, lorsque les conditions techniques et environnementales le permettent, l’hydroélectricité.
Le renforcement de la surveillance des forêts et des zones protégées, ainsi que la lutte contre l’exploitation illégale et les réseaux organisés impliqués dans le commerce du bois-énergie, font également partie des mesures proposées. À cela s’ajoutent des programmes de reboisement à grande échelle et la création de mécanismes économiques alternatifs en faveur des communautés rurales dépendantes des ressources forestières.
La structure citoyenne invite, par cet appel, les autorités provinciales et nationales, les collectivités locales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile à considérer la déforestation comme une urgence environnementale. Elle plaide pour des réponses coordonnées, financées et assorties de mécanismes permettant d’en mesurer les résultats.
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