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Sud-Kivu : face à l’érosion culturelle, les parents appelés à transmettre les langues locales aux enfants

La transmission des langues nationales et maternelles aux enfants devient un enjeu de préservation culturelle au Sud-Kivu. Dans une alerte, le Mouvement citoyen Machozi ya Raïya appelle les parents à accorder davantage de place aux langues locales dans l’éducation familiale, alors que certaines pratiques observées dans les ménages favoriseraient, selon cette structure, un éloignement progressif des valeurs et traditions congolaises.

Dans plusieurs familles, notamment celles disposant de revenus relativement élevés, certains parents privilégieraient l’usage exclusif du français avec leurs enfants. L’exposition prolongée à la télévision et aux contenus audiovisuels, notamment les dessins animés et les films, contribuerait également à cette situation.

Le constat dressé est que certains enfants maîtrisent davantage une langue étrangère sans nécessairement connaître une langue nationale comme le swahili ou le lingala, voire leur langue maternelle, à l’instar du mashi,  kifuliru, kivira, kilega, kihavu, kitembo kimbembe etc…..

Au-delà de la question linguistique, cette situation est présentée comme un enjeu lié à l’identité culturelle. Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, la connaissance des langues et des cultures locales est considérée par les auteurs de l’alerte comme un élément pouvant contribuer à l’affirmation de l’identité et au maintien des repères communautaires.

L’utilisation non réglementée des écrans constitue également une source de préoccupation. Les contenus audiovisuels auxquels les enfants sont exposés peuvent leur faire découvrir des modes de vie, des habitudes, des comportements ou des références culturelles éloignés de ceux de leur environnement familial.

Une influence que Machozi ya Raïya estime susceptible d’accentuer progressivement le déracinement culturel lorsque les enfants ne bénéficient pas, en parallèle, d’une transmission familiale de leurs propres valeurs et traditions.

La structure citoyenne insiste toutefois sur le fait que l’apprentissage des langues étrangères ne constitue pas un problème en soi. Elle encourage plutôt un équilibre permettant aux enfants de maîtriser le français ou d’autres langues étrangères tout en conservant la connaissance de leurs langues nationales et maternelles.

Historiquement, le français a occupé une place centrale dans l’administration et l’enseignement durant la période coloniale. Pour Machozi ya Raïya, accorder une place insuffisante aux langues locales risque ainsi de fragiliser la transmission du patrimoine linguistique et culturel. La valorisation de ces langues est présentée comme un moyen de préserver les repères culturels et de renforcer leur transmission aux générations futures.

Face à cette situation, l’organisation appelle les parents à assumer davantage leur rôle dans la transmission des langues, des mœurs et des valeurs culturelles, demandant également à l’État congolais de renforcer les initiatives visant à protéger et à valoriser le patrimoine culturel et linguistique national.

Raphaël Lwango

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