Riposte contre Ebola : le gouvernement congolais reconnaît les retards de paiement des agents et promet de résoudre la situation

Le gouvernement congolais reconnaît les difficultés liées au paiement des agents et prestataires engagés dans la riposte contre Ebola et promet de prendre des mesures pour y remédier. L’assurance a été donnée samedi à Bunia par le Dr Pierre Akilimali Zalagile, Incident manager de la riposte, lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Kirikou par l’Institut national de santé publique (INSP).
Selon ce responsable, les réclamations exprimées par les équipes de terrain sont bien connues des autorités. Les retards enregistrés seraient notamment dus à une mauvaise maîtrise des effectifs mobilisés dans les premières phases de la riposte. Certaines zones de santé auraient déployé des agents sans transmettre des listes correspondant exactement aux personnes réellement actives sur le terrain.
Pour corriger ces irrégularités, une opération de digitalisation des données est en cours afin d’identifier avec précision les prestataires engagés et permettre à chacun d’obtenir les paiements qui lui reviennent. Le Dr Akilimali a également évoqué l’harmonisation du barème de rémunération comme un autre facteur ayant retardé le processus, une question qui serait actuellement en voie de résolution.
Les difficultés de transfert des fonds vers certaines zones affectées par l’épidémie figurent aussi parmi les obstacles rencontrés. En raison de la faible circulation des services financiers dans plusieurs localités touchées, le gouvernement envisage le recours au paiement numérique pour faciliter la rémunération des équipes de première ligne.
Le responsable de la riposte a assuré que la prise en charge du personnel constitue une priorité et que les démarches sont accélérées afin de parvenir à une régularisation dans les meilleurs délais.
Sur le plan sanitaire, le Dr Pierre Akilimali a appelé à une collaboration renforcée entre tous les acteurs impliqués dans la lutte contre Ebola, alors que la maladie touche déjà cinq provinces de la République démocratique du Congo. La prise en charge rapide des cas confirmés et la surveillance des contacts demeurent les principales priorités, a-t-il indiqué.
D’après les chiffres communiqués au cours de cette rencontre avec la presse, environ 150 nouveaux cas positifs sont détectés chaque jour à travers le pays. Le responsable de la riposte a insisté sur la nécessité d’assurer la prise en charge des malades dans toutes les zones concernées, y compris celles confrontées à des contraintes sécuritaires, rappelant que « la santé n’a pas de considération politique ».
Le renforcement logistique fait également partie des actions engagées. Des ambulances ont récemment été mises à la disposition de certaines structures sanitaires, tandis que les centres de traitement continuent de recevoir des médicaments et autres produits essentiels nécessaires à la prise en charge des patients.
Les autorités sanitaires ont par ailleurs appelé à éviter toute stigmatisation liée aux appartenances communautaires, alors que des tensions identitaires sont signalées dans certaines zones de l’Ituri. Pour les responsables de la riposte, la lutte contre Ebola doit rester au-dessus des considérations ethniques.
Depuis le début de l’épidémie, quatre centres de traitement ont été la cible d’attaques attribuées à différents groupes, affectant la prise en charge des malades et mettant en danger la sécurité des agents de santé ainsi que des partenaires humanitaires.
Cette conférence de presse organisée par l’Institut national de santé publique a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre l’évolution de l’épidémie, les défis actuels et les nouvelles orientations de la riposte, désormais organisée selon une approche décentralisée à travers les zones de santé.
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