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RDC : le CSAC impose 88 jours d’embargo médiatique à Fils Mukoko après des propos controversés

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a imposé, mercredi 21 octobre 2026, un embargo médiatique de 88 jours à Fils Mukoko, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et directeur général intérimaire de la Régie de l’assainissement de Kinshasa (RASKIN).

Cette décision fait suite à des déclarations dans lesquelles il évoquait la distribution d’armes dans les universités et les églises en République démocratique du Congo (RDC).

La sanction a été prise à l’issue d’une réunion extraordinaire consacrée à cette affaire. Dans sa motivation, le CSAC estime que les propos de Fils Mukoko « constituent une violation manifeste des lois en vigueur et s’écartent des valeurs fondamentales que nous défendons en tant que nation ».

À l’origine de la polémique, le responsable politique avait convoqué la presse pour annoncer des actions de rue contre la Belgique, notamment un sit-in, en réaction aux perquisitions menées à Bruxelles par la justice belge dans les résidences de personnes présentées comme proches du président de la République.

Lors de cette communication, il avait déclaré : « Nous allons distribuer des armes dans les universités, les églises… et les Occidentaux vont manquer comment sortir de Kinshasa. »

Ces déclarations ont suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise. Dans l’opposition, certains dénoncent le risque de voir émerger une « milice armée » et alertent les chancelleries occidentales.

Du côté du pouvoir, ces propos sont présentés comme une dérive personnelle qui n’engagerait ni les autorités publiques ni l’UDPS.

La décision du CSAC intervient dans un contexte de tensions liées aux perquisitions effectuées en Belgique et à leurs répercussions politiques en RDC.

Elle remet en lumière la responsabilité des acteurs publics dans leurs prises de parole, ainsi que les exigences légales qui encadrent leurs déclarations.

L’affaire relance également le débat sur les limites de la liberté d’expression lorsque des propos sont susceptibles de susciter des inquiétudes en matière de sécurité publique.

Hope Patrick

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