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Maniema : MSF met fin à ses activités médicales à Salamabila après sept ans d’intervention

Après sept années d’appui médical dans la zone de santé de Salamabila, Médecins Sans Frontières (MSF) a clôturé, fin octobre 2025, son intervention dans le Maniema.

L’organisation humanitaire laisse derrière elle un bilan remarquable en matière de soins, tout en appelant les autorités et les acteurs humanitaires à maintenir l’accès aux services de santé dans cette région encore marquée par de fortes vulnérabilités.

Le 31 octobre 2025, MSF a officiellement mis fin à son intervention médicale en appui au ministère de la Santé à Salamabila, dans le territoire de Kabambare, province du Maniema.

Ce retrait, planifié dès l’ouverture du projet, s’inscrit dans une stratégie d’urgence visant à redéployer les ressources de l’organisation vers d’autres zones où les besoins sont jugés plus critiques.

« Nous considérons que les objectifs du projet sont atteints aujourd’hui. Après toutes ces années de présence continue, nous devons faire le difficile choix opérationnel de concentrer notre aide là où les besoins sont les plus pressants », a déclaré Issa Moussa, responsable des programmes MSF dans le Maniema.

Depuis 2018, les équipes de MSF, en collaboration avec les autorités sanitaires locales, ont profondément transformé l’accès aux soins dans la région.

En sept ans, elles ont pris en charge plus de 16 400 survivantes et survivants de violences sexuelles, 411 000 cas de paludisme, 26 800 enfants souffrant de malnutrition aiguë, et vacciné plus de 113 000 enfants contre la rougeole.

Les résultats sont significatifs : entre 2019 et 2024, le taux de mortalité lié au paludisme a été divisé par deux, tandis que le taux de décès maternels a été divisé par vingt.

Parallèlement, MSF a formé 13 agents de santé reproductive pour la prise en charge des survivants de violences sexuelles, ainsi qu’une centaine d’agents de santé communautaires capables de diagnostiquer et de traiter le paludisme à temps.

Avant son départ, l’organisation a remis plusieurs infrastructures et équipements au ministère de la Santé, parmi lesquels le bloc opératoire du centre de santé de Kayembé, des maternités et salles de consultation rénovées, des structures de traitement des déchets, ainsi que des puits d’eau potable dans les huit centres de santé soutenus.

MSF a également modernisé l’hôpital général de Salamabila, en réhabilitant le service des urgences et la maternité, et en créant des unités de pédiatrie, de néonatalogie et de prise en charge de la malnutrition aiguë. L’hôpital fonctionne désormais à 100 % grâce à l’énergie solaire, fournie par 136 panneaux installés sur le site.

« Avant l’arrivée de MSF, Salamabila n’était qu’un petit centre de santé. Aujourd’hui, c’est devenu le deuxième hôpital le mieux équipé de la province », salue le médecin chef de zone, Dr Charles Bamavu.

Malgré ce bilan encourageant, MSF alerte sur la persistance d’importants besoins humanitaires dans la province du Maniema, qui demeure l’une des plus enclavées et les moins financées de la RDC. En 2024, elle n’a reçu que 2,5 % des fonds alloués par le Fonds humanitaire de la RDC, un sous-financement chronique qui compromet l’accès aux soins.

« Malgré l’impact tangible de notre intervention, l’ampleur des besoins multisectoriels reste immense. L’insécurité, l’isolement géographique et le coût élevé des transports limitent encore l’accès des populations aux soins », ajoute Issa Moussa.

MSF exhorte enfin les autorités provinciales et les acteurs humanitaires à garantir la continuité des services de santé et à assurer un accès sûr à l’aide humanitaire dans cette zone reculée. L’organisation maintiendra une surveillance épidémiologique et une capacité de déploiement rapide en cas d’urgence.

Rédaction

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