ActualitésSociété

Sud-Kivu : la coupure de la connexion mobile plonge des territoires dans l’isolement

Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, la dégradation persistante de la connexion mobile et internet installe une asphyxie économique qui inquiète autant qu’elle exaspère.

De Nyangezi en territoire de Walungu à Bugorhe dans le territoire de Kabare, en passant par les groupements de Ziralo et Kalonge à Kalehe, des milliers de ménages vivent désormais au ralenti, coupés d’outils de communication devenus essentiels à leur survie quotidienne.

Depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon les zones, les réseaux de téléphonie mobile fonctionnent de manière irrégulière ou disparaissent totalement. Cette situation intervient dans une province où les conflits armés ont déjà bouleversé les circuits bancaires classiques, faisant du mobile money la principale voie de transfert et de réception des fonds.

À chaque coupure de réseau, c’est toute l’économie locale qui se fige, des petits commerçants aux familles dépendantes de l’aide envoyée par des proches. À Nyangezi, l’absence quasi totale de signal contraint les habitants à parcourir de longues distances pour espérer capter une connexion. Cette quête quotidienne du réseau devient une épreuve pénible et risquée dans un environnement déjà marqué par l’insécurité.

L’impossibilité de communiquer empêche d’alerter, de se rassurer ou de protéger ses biens, ce qui accentue la vulnérabilité des populations.

Dans le groupement de Bugorhe à Kabare, la perturbation des services de certains opérateurs pousse de nombreux usagers à changer de réseau dans l’urgence. Cette adaptation forcée engendre des dépenses supplémentaires et désorganise le travail de ceux dont les activités dépendent d’une connexion stable.

Les maisons de transfert d’argent, privées de réseaux fonctionnels, ferment progressivement leurs portes, laissant les habitants sans accès à leurs propres ressources.

La situation est tout aussi préoccupante à Kalehe où les déplacés et les familles affectées par les violences peinent à joindre leurs proches et à effectuer des opérations de retrait d’argent. Dans les groupements de Ziralo, Kalonge, Bunyakiri, Minova, Bushushu et Nyamukubi, la coupure de communication accentue l’isolement et la détresse sociale, transformant un problème technique en crise humanitaire silencieuse.

Cette réalité impose une prise de conscience urgente. La connexion mobile n’est plus un simple confort mais un pilier de la sécurité, de l’économie et de la dignité humaine. Laisser des communautés entières sans communication revient à les condamner à l’immobilisme et à l’insécurité.

Les opérateurs de télécommunication sont interpellés pour agir rapidement et de manière responsable afin de rétablir un service fiable, condition indispensable à la résilience économique et sociale du Sud-Kivu.

Rédaction

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *