Ituri : des survivants d’Ebola racontent leur combat et lancent un appel à la vigilance

À Nizi, dans le territoire de Djugu dans la province de l’Ituri, la lutte contre la maladie à virus Ebola vient de franchir une étape symbolique. Plusieurs personnes ayant vaincu le virus ont témoigné de leur parcours, appelant leurs compatriotes à abandonner les préjugés et à consulter sans délai les structures sanitaires spécialisées.
Pour ces survivants, le message est clair : la rapidité de la prise en charge est la clé du salut. Témoignant de son propre vécu, Mme Nzale Fwaling, qui a contracté le virus lors d’un contact funéraire, a décrit l’évolution insidieuse de la maladie : « Après un certain temps, j’ai commencé à me sentir mal : j’avais des maux de tête et mon corps était faible. J’ai essayé de me soigner à la maison, mais cela n’a pas marché. Ensuite, j’ai commencé à avoir la diarrhée et des vomissements, alors je suis rapidement venue ici et j’ai trouvé les médecins qui m’ont bien prise en charge ».
Contre les rumeurs, le poids des témoignages
Au-delà de l’aspect médical, ces rescapés s’attaquent à un obstacle majeur dans la riposte : la méfiance envers les centres de traitement. Face aux théories infondées circulant au sein de la communauté, ils appellent à un sursaut de rationalité.
« Il ne faut pas croire les rumeurs selon lesquelles les soignants administreraient des médicaments pour tuer les malades. Ces propos sont totalement faux. Les soignants veulent sauver des vies », a martelé l’un des rescapés, reconnaissant par ailleurs l’engagement du chef de division provinciale de la Santé et de ses équipes.
Mme Nzale Fwaling renchérit sur cet aspect : « Que ceux qui disent que les médecins donnent de mauvais médicaments aux malades arrêtent de décourager la population. Les médecins n’ont pas de médicaments pour tuer les gens. Ils ont des médicaments pour soigner et aider les malades à guérir ».
L’appel à la vigilance des autorités
Ce plaidoyer des survivants intervient dans un contexte où les drames familiaux ont marqué les esprits. Une autre rescapée, ayant perdu plusieurs proches, a illustré les dangers du retard de diagnostic : « Au début, ils ont pensé qu’il s’agissait d’une autre maladie et ont acheté des médicaments, mais ceux-ci n’ont eu aucun effet ».
Elle a toutefois souligné l’efficacité de l’accompagnement médical : « Avec l’aide de Dieu, nous avons continué à nous battre pour les soigner jusqu’à leur guérison ».
Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba, a profité de cette cérémonie pour réitérer son appel à la responsabilité collective. Tout en incitant la population à ne pas céder à la panique, il a rappelé l’impératif de la prudence : « Je vous demande, à chacun d’entre vous, de retourner chez vous et de reprendre le cours normal de votre vie. Ne soyez pas effrayés ».
Il a conclu en insistant sur la discipline communautaire : « Je demande aux enfants du territoire de Djugu et à toute la population de la province de l’Ituri de continuer à vivre avec prudence, en sachant que cette maladie est bien réelle. Ils doivent respecter les mesures de prévention ».
Hope Patrick



