Sud-Kivu : privés de pension depuis un an, des retraités de la CNSS plongés dans la précarité

La Dynamique d’Acteurs pour les Questions de la Patrie (DYNAP) tire la sonnette d’alarme sur la situation de plusieurs retraités du Sud-Kivu affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).
Selon cette organisation, ces bénéficiaires n’ont plus perçu leurs pensions depuis quatre trimestres, soit une année entière sans revenus. Parmi les personnes concernées figurent de nombreux retraités du troisième âge qui dépendent essentiellement de cette pension pour assurer leur subsistance.
Certains souffrent de maladies chroniques et éprouvent désormais des difficultés à se procurer des médicaments ou à couvrir leurs besoins essentiels.
La situation est particulièrement préoccupante pour les retraités ayant fui les violences armées dans leurs villages. Déplacés par la guerre et privés de leurs moyens habituels de subsistance, ils vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires.
Face à cette réalité, la DYNAP déplore que ces anciens travailleurs soient privés de ressources auxquelles ils ont légalement droit, alors que le Kivu traverse une crise sécuritaire et humanitaire qui affecte durement les conditions de vie des populations.
L’organisation rappelle que la CNSS a pour mission d’assurer la protection sociale des travailleurs et de leurs ayants droit à travers le versement des pensions de retraite, d’invalidité et de survivants. Ces prestations constituent, souligne-t-elle, un droit acquis après des années de cotisation et non une faveur accordée aux bénéficiaires.
Pour la DYNAP, les circonstances exceptionnelles que traverse actuellement la région imposent une adaptation des mécanismes de paiement.
L’insécurité persistante, les déplacements de populations ainsi que les perturbations du système bancaire compliquent l’application des procédures habituelles exigeant la présence physique des retraités.
L’organisation plaide ainsi pour la mise en place de solutions alternatives permettant aux bénéficiaires de percevoir leurs pensions malgré le contexte de guerre. Elle cite notamment le recours au Mobile Money ou à d’autres moyens sécurisés de transfert de fonds.
La DYNAP appelle enfin la CNSS et les autorités compétentes à agir avec diligence afin de répondre à la détresse de ces retraités. Selon elle, ces hommes et ces femmes, après avoir consacré de longues années au service du pays, ne devraient pas être condamnés à la précarité à cause des conséquences du conflit.
L’organisation citoyenne insiste sur l’urgence d’une intervention adaptée pour garantir le respect des droits sociaux des retraités et atténuer les difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis plusieurs mois.
Raphaël Lwango



