RDC : le PCDBG-BR soutient le dialogue national, tout en réclamant vérité, justice et réparation

Le Parlement Citoyen pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance-Baraza la Raiya (PCDBG-BR/Asbl-DDH) dit soutenir la volonté du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de convoquer un dialogue national en vue de renforcer l’unité du pays face aux défis sécuritaires. L’organisation insiste toutefois sur la nécessité de fonder ce processus sur les principes de la justice transitionnelle.
Dans un communiqué officiel signé par son président national, Me Amani Lwamba Shadrack Romuald, et consulté par notre rédaction, le PCDBG-BR estime qu’une paix durable ne peut être obtenue sans vérité, justice, réparation des victimes et garanties de non-répétition des crimes.
Selon cette organisation de défense des droits humains, ces quatre principes constituent les fondements universellement reconnus de la justice transitionnelle.
Le document rappelle que la République démocratique du Congo endure depuis près de trois décennies des conflits armés marqués par des massacres, des déplacements forcés de populations, des violences sexuelles, des actes de torture, le recrutement forcé d’enfants ainsi que le pillage des ressources naturelles. Des crimes qui, selon le PCDBG-BR, ont fait des millions de victimes civiles et militaires et restent, dans une large mesure, impunis.
Rendant hommage aux militaires des FARDC, aux combattants Wazalendo tombés sur le champ d’honneur ainsi qu’aux civils tués durant ces conflits, l’organisation estime que leur sacrifice ne saurait être relégué au second plan au nom d’un compromis politique. Elle considère que la recherche de la paix ne peut conduire à l’effacement des crimes internationaux.
« Un dialogue national ne peut en aucun cas se substituer aux mécanismes judiciaires chargés d’établir les responsabilités pénales individuelles », a déclaré Me Amani Lwamba Shadrack Romuald, président national du PCDBG-BR/Asbl-DDH.
S’appuyant sur le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, les Conventions de Genève, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Constitution de la RDC, le PCDBG-BR rappelle que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, le génocide, les exécutions sommaires, les violences sexuelles, les actes de torture et les autres violations graves des droits humains ne peuvent faire l’objet d’une amnistie.
Dans cette perspective, l’organisation affirme qu’aucune personne ni aucun groupe ayant pris les armes contre la République, participé aux massacres de civils, aux assassinats de militaires, aux pillages ou aux déplacements forcés de populations avec l’appui d’une puissance étrangère ne devrait être exonéré de ses responsabilités à travers un dialogue politique.
Le PCDBG-BR annonce, en conséquence, qu’il ne participera pas à un dialogue national inclusif réunissant des individus ou des groupes armés ayant pris les armes contre la République tant que ceux-ci n’auront pas répondu de leurs actes devant la justice. Une position qui, précise le communiqué, repose sur le respect de la souveraineté nationale, des droits des victimes et des principes de lutte contre l’impunité, sans être dirigée contre un peuple en particulier.
Par ailleurs, l’organisation invite le chef de l’État à poursuivre les efforts diplomatiques afin d’obtenir le retrait des forces étrangères et de leurs supplétifs du territoire congolais, tout en veillant à ce que toute initiative politique demeure conforme aux exigences constitutionnelles et aux engagements internationaux de la RDC.
En conclusion, le Parlement Citoyen appelle les Congolais à privilégier le patriotisme, l’unité nationale, l’intégrité morale, la compétence et le renouvellement de la classe dirigeante.
« La paix est un objectif national. Mais la paix sans justice est une paix fragile ; la réconciliation sans vérité est une illusion ; et le pardon sans responsabilité constitue une négation de la mémoire des victimes », conclut Me Amani Lwamba Shadrack Romuald dans ce communiqué.
Raphaël Lwango



