Bukavu Dawa : quand la démission de Daniel Boji révèle un mal plus profond

La démission de Daniel Boji, vice-président chargé du football à l’OC Bukavu Dawa, n’est pas un simple fait divers sportif. Elle est le symptôme visible d’un malaise plus profond qui gangrène depuis trop longtemps ce club emblématique du Sud-Kivu.
Elle intervient dans un contexte de crise aiguë marqué par deux forfaits consécutifs, une défaite humiliante (5-0) face à Céleste FC et un début de saison chaotique en Ligue 1. Autant dire que ce départ résonne comme un signal d’alarme.
Pendant 4 ans, Daniel Boji a été de ceux qui ont tenté de redonner à Bukavu Dawa une âme, une organisation et une dignité. Dans sa lettre de démission, il se félicite d’un bilan positif, citant la régularisation des salaires, l’amélioration des conditions de travail, la stabilité administrative et la remontée du club en Ligue 1.
Ces acquis sont réels, mais ils ne suffisent pas à masquer la dure réalité. L’équipe, autrefois fierté régionale, semble aujourd’hui manquer de cap et de vision collective.
Les causes d’un malaise profond
Le geste de Daniel Boji, présenté comme mûrement réfléchi, interroge sur les causes de cette désagrégation. Est-ce l’épuisement d’un dirigeant lucide face à l’inertie des autres ? Est-ce un désaccord sur la gouvernance ou une lassitude face aux résultats sportifs ?
Quoi qu’il en soit, ce départ fragilise davantage une structure déjà vacillante. Il rappelle aussi une vérité trop souvent oubliée, sans cohésion interne, aucun club ne peut prétendre à la performance durable.
Il faut saluer au passage la reconnaissance exprimée à l’honorable Aimé Boji Sangara, principal soutien du club. Son engagement financier et moral a été décisif pour maintenir Bukavu Dawa en vie.
Mais un club de football, même porté par la passion d’un homme, ne peut se construire durablement sur un seul pilier. Il doit s’appuyer sur une vision collective, un projet sportif structuré et une direction unie autour d’un même idéal.
Aujourd’hui, Bukavu Dawa se trouve à la croisée des chemins. La démission de Daniel Boji ne doit pas être vue comme une fuite, mais comme un cri du cœur, une invitation à repenser le modèle de gestion du club.
Si cette crise provoque une introspection sincère, elle pourrait devenir le point de départ d’une renaissance.
Sinon, elle ne sera qu’un épisode de plus dans la lente agonie d’un géant qui refuse de mourir, mais qui peine encore à se relever.
Hope Patrick



