Ituri : MSF alerte sur une recrudescence des attaques contre les civils

Depuis près de deux mois, l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, est secouée par une nouvelle vague de violences ayant déjà causé des dizaines de morts et de blessés. À Bunia, l’hôpital soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF) est saturé, mais il ne reçoit qu’une partie des victimes.
Les attaques se multiplient dans plusieurs localités. Le 27 juin, neuf personnes ont été tuées à Djangui dans une attaque visant un site de déplacés. Le 31 juillet, le village de Katsu a été pris pour cible, et plus de quarante civils ont péri récemment dans une église à Komanda. Bunia, chef-lieu de la province, a également été touchée.
MSF dénonce un contexte où l’accès aux soins reste extrêmement limité, laissant la majorité des victimes sans assistance. Adèle, mère de sept enfants blessée lors de l’attaque de Katsu, témoigne d’une attaque brutale dirigée uniquement contre des civils désarmés.
L’organisation rappelle que les populations civiles sont piégées entre conflits intercommunautaires et violences de groupes armés. Dans un rapport publié en mars dernier, elle soulignait déjà que près d’un tiers des victimes en 2024 étaient des femmes et des enfants.
« Ce qui se passe en Ituri est inacceptable. La protection des civils doit devenir une urgence absolue », insiste Asiyat Magomedova, cheffe de mission MSF, appelant tous les groupes armés à mettre fin aux atrocités.
À la clinique Salama de Bunia, les blessés affluent quotidiennement, victimes de balles, d’éclats d’obus ou de machettes. Depuis janvier, 250 patients y ont été soignés pour des blessures graves, dont 105 entre juillet et août, et plus de 900 interventions chirurgicales ont été réalisées.
Malgré ces efforts, beaucoup de blessés ne parviennent jamais à l’hôpital. Les déplacés viennent de zones comme Drodro, Nizi, Lopa, Fataki ou Komanda, où les structures médicales sont quasi inexistantes.
MSF soutient 15 zones de santé grâce à des ambulances et des systèmes de référence, mais les traumatismes psychologiques persistent au-delà des blessures physiques.
La reprise des violences a déjà provoqué le déplacement de 1,56 million de personnes, dont près de la moitié dans le territoire de Djugu. Entre mi-juillet et mi-août, plus de 82 000 personnes ont fui leurs foyers.
MSF alerte sur une situation humanitaire alarmante, aggravée par l’insécurité et la réduction des financements, et exhorte à un accès humanitaire rapide et sans entrave.
Rédaction



