Sud-Kivu : les frais de l’EXETAT et du TENASOSP jugés trop coûteux, appel à la gratuité pour éviter l’exclusion des élèves

La question des frais exigés pour la participation aux épreuves certificatives de l’édition 2026, notamment l’EXETAT et le TENASOSP, suscite de vives préoccupations au Sud-Kivu.
Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une charge financière devenue difficilement supportable pour la majorité des familles dans le contexte actuel.
C’est le cas du mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA (MCRMR), qui tire la sonnette d’alarme et exprime sa vive inquiétude face à ces coûts. Dans une déclaration rendue publique, cette structure évoque un montant avoisinant 160 000 francs congolais, jugé excessif au regard de la conjoncture socio-économique dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquée par une insécurité persistante et une détérioration des conditions de vie.
Selon le mouvement, dans plusieurs territoires de la province, notamment à Kalehe, Fizi, Walungu, Kabare, Kamituga, Uvira ainsi que dans la plaine de la Ruzizi, la précarité s’est accentuée. Les conflits armés ont entraîné des déplacements massifs de populations, paralysé les activités économiques et réduit considérablement les revenus des ménages.
Dans ce contexte, souligne-t-il, subvenir aux besoins essentiels constitue déjà un défi pour de nombreuses familles, rendant le paiement des frais scolaires particulièrement difficile.
Le mouvement rappelle qu’au regard de cette réalité, le gouvernement congolais avait, lors de l’édition précédente, pris en charge les frais des examens pour les élèves des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, afin d’alléger le fardeau financier des parents vivant dans des zones affectées par les conflits.
Se fondant sur ce précédent, le MCRMR appelle les autorités compétentes à renouveler cette mesure, en faisant preuve de responsabilité et de compassion, et plaide pour la gratuité totale des épreuves certificatives dans le Sud-Kivu ou, à défaut, pour une réduction significative des frais adaptée à la réalité économique actuelle.
Il insiste par ailleurs , sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux élèves les plus vulnérables, notamment les enfants déplacés, les orphelins de guerre et ceux issus de familles démunies. L’accès à l’éducation, souligne-t-il, doit être garanti comme un droit fondamental et non conditionné par les moyens financiers.
Disons qu’à travers ce plaidoyer, le mouvement exhorte les autorités nationales à prendre des mesures urgentes et appropriées afin de préserver l’avenir de la jeunesse du Sud-Kivu, estimant que priver un enfant d’éducation revient à compromettre le développement de toute une société.
Raphaël Lwango


