Sud-Kivu : face à Ebola, MSF maintient ses soins essentiels pour éviter une nouvelle crise sanitaire

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à préserver l’accès aux soins essentiels dans les zones déjà fragilisées par les crises sanitaires et humanitaires.
Dans la province du Sud-Kivu, l’organisation réaffirme son engagement à poursuivre ses activités médicales malgré la pression liée à cette urgence.
Déclarée le 15 mai 2026 en RDC, l’épidémie d’Ebola intervient dans un environnement marqué par la persistance d’autres maladies et par une situation sécuritaire qui complique l’accès aux services de santé pour plusieurs milliers de personnes.
« Cette épidémie ne se déroule pas dans un vide sanitaire », alerte Issa Moussa, chef des programmes de MSF au Sud-Kivu. Selon lui, les expériences des précédentes flambées montrent que concentrer tous les efforts sur une seule urgence peut entraîner des conséquences graves, notamment une augmentation des décès liés aux maladies évitables lorsque les soins de base sont interrompus.
Dans cette province, les populations continuent de faire face au paludisme, au choléra, à la rougeole, à la malnutrition ainsi qu’aux violences sexuelles. À cela s’ajoute l’insécurité qui provoque régulièrement l’arrivée de blessés dans des structures sanitaires déjà fortement sollicitées.
Pour MSF, le maintien des services de santé courants reste également un élément essentiel dans la lutte contre Ebola. Les consultations prénatales, la vaccination des enfants et la prise en charge des maladies habituelles permettent non seulement de répondre aux besoins quotidiens des communautés, mais aussi de renforcer la détection précoce des cas suspects.
En parallèle de sa réponse à Ebola, avec notamment la mise en place de deux centres de traitement dans le Sud-Kivu, l’organisation poursuit ses interventions dans plusieurs zones de santé. À Minova et Numbi, ses équipes appuient les hôpitaux de référence dans la prise en charge des urgences médicales et chirurgicales, les soins intensifs, la maternité, la néonatologie, la pédiatrie, la malnutrition aiguë, les violences sexuelles et la santé mentale.
Dans la zone de santé de Bunyakiri, MSF soutient l’hôpital général de référence, le centre hospitalier de Bitale ainsi que quatre centres de santé. Les activités concernent notamment les soins d’urgence, la chirurgie, la santé maternelle et infantile, la prise en charge gratuite des enfants de moins de 15 ans et l’accompagnement des survivantes de violences sexuelles.
À Fizi, l’organisation humanitaire rappelle son appui de longue durée à l’hôpital de Baraka afin de contribuer à l’accès aux soins médicaux et chirurgicaux essentiels pour les populations confrontées à d’importants besoins sanitaires.
Dans la ville de Bukavu, MSF participe également à la réponse contre le choléra à travers un centre de traitement dédié et des actions de sensibilisation communautaire visant à limiter la propagation de la maladie.
L’organisation indique par ailleurs suivre d’autres alertes sanitaires dans le Sud-Kivu et au Maniema. Elle intervient actuellement face à une flambée de rougeole dans la zone de santé de Shabunda, où le taux de létalité atteint 25 %. Entre avril et juin 2026, près de 2 320 patients atteints de rougeole ont été pris en charge dans les zones de santé de Shabunda, Bunyakiri, Kalehe et Minova. Une campagne de vaccination menée à Kalehe en avril dernier a permis de protéger 43 622 enfants contre cette maladie, tandis que 6 059 autres ont reçu une vaccination de rattrapage.
Pour MSF, la réponse à Ebola ne doit pas se faire au détriment des autres urgences médicales. « La lutte contre une épidémie et le maintien des soins essentiels doivent aller de pair », rappelle Issa Moussa, chef des programmes de l’organisation au Sud-Kivu.
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