Presse

Bukavu : des journalistes en ligne mieux outillés après la formation de la SYMUF 

La Synergie des Médias pour l’Union des Forces (SYMUF Maison de la Presse), a clôturé ce samedi 23 août 2025 à Bukavu une session de renforcement des capacités ayant réuni 25 journalistes des médias en ligne venus de la ville et des territoires d’Idjwi, Bunyakiri et Nyangezi.

L’objectif de cet atelier était de promouvoir une pratique journalistique responsable, contribuant à la bonne gouvernance, au vivre-ensemble et à la prévention des conflits.

Pendant 5 jours, les participants ont suivi un programme intensif animé par le professeur Adolphe Kilomba, axé sur le journalisme sensible aux conflits, la régulation et l’autorégulation des médias, la lutte contre les discours de haine et l’usage responsable du numérique.

Les travaux se sont ouverts le 19 août par une présentation sur la nouvelle loi du 13 mars 2023 relative au journalisme sensible de presse, ainsi que sur le rôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CESAC) et celui des associations professionnelles telles que l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).

Le facilitateur a rappelé l’importance du respect des textes légaux et des droits fondamentaux, tout en mettant en garde contre les délits de presse et les dérives professionnelles.

Prof Adolphe Kilomba, facilitateur de cette formation

Le deuxième jour a été consacré au code du numérique et à la lutte contre les discours haineux. Les journalistes ont été appelés à collaborer avec l’Agence nationale de cybersécurité et à éviter la propagation de fausses informations. Le professeur Kilomba a insisté sur la vigilance face aux contenus discriminatoires diffusés à travers textes, images ou caricatures.

La troisième journée a mis l’accent sur le journalisme et le reportage sensibles aux conflits. Les participants ont appris à manier les mots et les images avec prudence afin de protéger les victimes, d’éviter toute stigmatisation et de contribuer à la résolution pacifique des tensions.

Le quatrième jour a été dédié à la production d’émissions interactives et de spots de sensibilisation contre les messages de haine. Les discussions ont porté sur la conception de contenus pédagogiques inclusifs, impliquant des experts, leaders communautaires et victimes, afin de renforcer la tolérance et la participation citoyenne.

La cinquième et dernière journée a abordé l’impact des messages viraux sur les réseaux sociaux et la promotion de la paix et de la cohésion sociale. Les journalistes ont été invités à pratiquer la vérification systématique des informations ( fack-Cheking) et à privilégier des formats crédibles dans leurs productions.

Les échanges ont également mis en lumière la différence entre une paix positive, fondée sur le développement des services publics, et une paix négative, qui se limite à l’absence de guerre.

Francis Bahoza, chef de projet de la SYMUF, à rappelé que cette initiative soutenue par la Coopération suisse (DDC), visait à transformer les journalistes en partenaires clés dans la bonne gouvernance, au vivre-ensemble et la cohésion sociale.

Francis Bahoza, chef de projet SYMUF

« Cette formation m’a permis de comprendre que nos mots peuvent soit attiser les tensions, soit contribuer à apaiser les esprits. Je me sens désormais mieux outillée pour exercer mon métier en protégeant les victimes et en promouvant la tolérance. Nous remercions vivement la SYMUF, à travers la Maison de la Presse, ainsi que son partenaire, la Coopération suisse (DDC), pour nous avoir accompagnés en cette période marquée par la crise à l’Est de la RDC. C’est un appui que nous saluons avec reconnaissance », a témoigné Detti Balole, participante.

Rappelons qu’à l’issue de la formation, chaque média a signé un engagement à produire et diffuser des contenus responsables, axés sur la paix, la participation citoyenne et le vivre-ensemble au Sud-Kivu.

Pascal Mushiarhamina

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