Bukavu : Un atelier autour du projet « Pokeya Ujuzi na Upone » ouvre une nouvelle voie pour la guérison communautaire

Un atelier d’échange consacré au projet « Pokeya Ujuzi na Upone », traduit par « guérir par la compréhension », a été ouvert ce lundi 8 décembre 2025 à l’hôtel Bach Palace, à Bukavu.
Cette initiative vise à renforcer la santé mentale, le soutien psychosocial et la cohésion sociale dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, des régions profondément marquées par les conflits passés. Les travaux sont prévus pour prendre fin en décembre 2027.
Les études préalables menées dans le cadre du projet ont mis en lumière un traumatisme persistant au sein des communautés. Cet héritage émotionnel, difficile à verbaliser, se transmet parfois silencieusement entre générations, rendant ainsi complexe la compréhension des réalités historiques par les jeunes.
Sur ce point, des intervenants ont mis en garde contre la tendance à garder enfouies des souffrances héritées, pouvant freiner la reconstruction sociale.
Au cœur de l’approche développée, le projet prévoit la mise en place d’espaces de dialogue intergénérationnel. Ces cadres permettront d’aborder l’histoire des violences vécues, d’apaiser les tensions mémorielles et de consolider l’unité communautaire. Plusieurs acteurs impliqués ont souligné l’importance d’un dialogue sincère et responsable, accompagné d’un encadrement parental et éducatif adapté.
Par ailleurs, l’atelier a accordé une attention particulière à l’hyperconnexion et à l’usage massif des réseaux sociaux parmi les jeunes. Si ces outils peuvent renforcer l’exposition à des contenus nuisibles, les spécialistes estiment qu’ils peuvent également devenir des vecteurs de sensibilisation, de solidarité et de prévention lorsque leur utilisation est orientée avec pédagogie.
L’aspect psychosocial a également occupé une place centrale. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de mettre à disposition des espaces sûrs et confidentiels, permettant aux personnes affectées par la violence de s’exprimer sans crainte de stigmatisation.
L’accompagnement des victimes, la prévention des rechutes émotionnelles ainsi que l’encouragement à des environnements affectifs sains figurent parmi les axes prioritaires.
En initiant cette démarche, le projet « Pokeya Ujuzi na Upone » aspire à rompre les dynamiques de peur, de silence et de méfiance encore perceptibles dans plusieurs communautés. Il entend ainsi contribuer à une guérison durable, fondée sur la mémoire assumée, la compréhension mutuelle et l’action collective.
Cette initiative constitue, selon ses organisateurs, une étape essentielle vers une reconstruction sociale plus apaisée, ouvrant la voie à une nouvelle génération capable d’écrire son histoire au-delà des blessures héritées.
Rédaction



