Est de la RDC : James Swan officiellement installé à la tête de la MONUSCO, une mission sous pression

Le diplomate américain James Swan a officiellement pris ses fonctions, mardi 7 avril 2026, comme Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO. Son arrivée intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, notamment en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Cette prise de fonctions s’inscrit dans le cadre de la résolution 2808 adoptée en décembre 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci prolonge le mandat de la mission onusienne jusqu’au 20 décembre 2026 et suspend son retrait progressif, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire.
Le texte intègre également les récents efforts diplomatiques, notamment les accords conclus entre la RDC et le Rwanda à Washington et à Doha en 2025.
Dans sa première déclaration, James Swan a affirmé son engagement à accompagner les efforts de stabilisation, mettant en avant la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu et la consolidation d’une paix durable. Il a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre efficace du mandat confié à la MONUSCO, tout en adoptant une approche axée sur les résultats.
Le chef de mission a par ailleurs souligné que la crise en cours ne peut être résolue par la seule voie militaire. Il a plaidé pour une combinaison d’initiatives diplomatiques, de dialogue régional et de respect des engagements déjà pris, tout en réaffirmant le soutien des Nations unies aux institutions congolaises dans le respect de la souveraineté nationale.
Le mandat renouvelé autorise la MONUSCO à mener des opérations offensives ciblées contre les groupes armés et à faire face à de nouvelles menaces, notamment l’utilisation de technologies militaires avancées.
Il met également l’accent sur la lutte contre l’impunité, la protection des populations vulnérables et le renforcement des mécanismes judiciaires, en particulier face aux violences sexuelles liées aux conflits.
Dans ce cadre, le Conseil de sécurité condamne les offensives attribuées à l’AFC/M23 et exige le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, tout en appelant à une désescalade durable dans la région des Grands Lacs.
Fort de son expérience en RDC, James Swan entend privilégier une collaboration étroite avec les autorités nationales et les communautés locales. Il hérite ainsi d’une mission complexe, à la croisée des enjeux sécuritaires, diplomatiques et humanitaires, dans un contexte parmi les plus sensibles du continent africain.
Hope Patrick depuis Beni



