Humanitaire

Sud-Kivu : MSF prend en charge plus de 1 400 cas de choléra malgré des moyens limités

Lors d’un point de presse tenu à Bukavu, ce jeudi 3 juillet 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé avoir pris en charge 1 422 cas de choléra dans les zones de santé d’Uvira et de la plaine de la Ruzizi, malgré des contraintes budgétaires et des défis sécuritaires persistants dans la région.

L’organisation a installé des centres de traitement à Kiliba, Sange et à l’hôpital général d’Uvira, tout en menant des campagnes de vaccination pour réduire les risques de propagation.

Selon Olivier Pennec, chef des programmes de MSF au Sud-Kivu, seulement 12 000 personnes ont pu être vaccinées, loin de l’objectif de couvrir l’ensemble de la population.

« Nous avons également installé cinquante sites de chloration à Uvira et construit deux cents latrines pour limiter l’exposition au choléra », a-t-il précisé.

MSF a également apporté un appui à la Regideso afin d’améliorer l’accès à l’eau potable pour les habitants d’Uvira, tout en renforçant le personnel soignant dans les structures de santé locales.

Outre la lutte contre le choléra, l’organisation a pris en charge environ 600 survivantes de violences sexuelles et 450 blessés à Uvira et à Kamanyola-Nyangezi. À Nyangezi, près de 7 000 consultations ambulatoires ont été assurées, dont 700 durant les trois mois de conflit armé.

MSF est également intervenue au Maniema pour la prise en charge de l’épidémie de rougeole et a apporté son appui dans la zone de santé de Katana, notamment à Lomera, dans le groupement de Luhihi, où des cas de choléra ont été traités et des installations d’eau potable mises en place.

L’organisation déplore toutefois l’escalade des conflits armés dans la région, qui freine ses interventions auprès des populations vulnérables. MSF cite des difficultés liées à l’accès, à la logistique, aux pillages, à l’occupation des structures sanitaires et aux restrictions budgétaires.

Médecins Sans Frontières estime que les besoins humanitaires resteront considérables au Sud-Kivu et au Maniema en 2026, dans un contexte marqué par « beaucoup de questionnements et peu de réponses ».

Malgré ces défis, l’organisation réaffirme sa détermination à poursuivre son assistance médico-humanitaire en faveur des populations en détresse.

Pascal Mushiarhamina

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