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RDC : MSF mise sur le soutien psychosocial pour accompagner les malades d’Ebola, leurs familles et les survivants

Face à la persistance de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Médecins Sans Frontières (MSF) renforce l’accompagnement psychosocial des personnes infectées et de leurs proches. Dans les centres de traitement, les équipes apportent un soutien psychologique destiné à les aider à surmonter la peur, l’isolement et les difficultés liées à la maladie.

À Butembo, au Nord-Kivu, Kasoki Zawadi passe une grande partie de ses journées auprès de son mari, Victoire, hospitalisé au centre de traitement d’Ebola (CTE) de Kitatumba. Séparés par une vitre en plexiglas, les deux époux parviennent néanmoins à communiquer. Chaque matin, elle arrive vers 6 h 30 et reste jusqu’à 18 h 30, avant que son beau-frère ne prenne le relais durant la nuit.

Cette présence quotidienne constitue un véritable réconfort pour le couple, confronté à l’incertitude entourant l’évolution de la maladie. Enseignante de profession, Kasoki a dû suspendre ses activités depuis l’hospitalisation de son époux. La séparation lui pèse particulièrement le soir, au point de perturber son sommeil lorsqu’elle regagne son domicile.

L’inquiétude s’est davantage accentuée après un premier résultat négatif qui avait suscité l’espoir d’un retour rapide à la maison, avant qu’un nouveau test ne se révèle positif. Grâce à l’intervention des psychologues de MSF, l’épouse affirme toutefois avoir pu mieux surmonter cette épreuve, malgré la fatigue physique et morale.

D’après les données communiquées par MSF, 1 472 cas d’Ebola ont été confirmés à Butembo et 735 décès enregistrés entre mai et le 22 octobre 2026. Cette situation sanitaire intervient dans un environnement déjà fragilisé par l’insécurité, les déplacements de populations, les difficultés économiques et le ralentissement des activités commerciales.

Pour répondre aux besoins des malades et de leurs familles, les équipes de santé mentale interviennent dès leur admission. Elles leur offrent un espace d’écoute, répondent à leurs préoccupations et expliquent le fonctionnement du centre ainsi que les différentes étapes des soins. Patrice Muyisa Kokotz, superviseur du service de santé mentale à Butembo, relève que certains patients arrivent avec la crainte d’être abandonnés en raison de leur isolement.

À travers des échanges, des séances d’écoute et des visites organisées au sein du centre, les psychologues contribuent à réduire ces appréhensions et à préserver les liens familiaux pendant l’hospitalisation. Cette dimension humaine occupe une place importante dans la prise en charge d’une maladie souvent associée à la peur de mourir.

À Beni, également au Nord-Kivu, Rachel Kashimoto, psychologue clinicienne travaillant avec MSF, souligne le caractère particulièrement traumatisant de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo. Selon elle, l’angoisse et le stress peuvent fragiliser davantage les patients. Un accompagnement psychologique adapté permet ainsi de préserver leur équilibre émotionnel, de maintenir leur espoir de guérison et de les encourager à respecter les recommandations du personnel médical.

Le dispositif ne s’arrête cependant pas à la sortie du centre de traitement. À Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, les personnes guéries bénéficient d’un suivi médical et psychologique dans le cadre de la « clinique des survivants ». Des consultations individuelles et des groupes de parole leur permettent notamment de faire face aux difficultés rencontrées après leur retour dans la communauté.

Responsable des activités de santé mentale au centre de traitement de MSF à Mongbwalu, Phoebe Zueya Yonkeu explique que certains survivants sont confrontés à la stigmatisation, à la perte de leur emploi ou au rejet de leur entourage, qui continue parfois de les considérer comme contagieux. D’autres développent un sentiment de culpabilité après avoir perdu des proches emportés par la maladie.

Après 23 jours de soins au centre de traitement de Kitatumba, Victoire a finalement obtenu deux résultats négatifs consécutifs, permettant d’envisager sa sortie. Cette nouvelle a été accueillie avec soulagement par son épouse, qui espérait depuis plusieurs semaines retrouver une vie familiale normale.

« La présence de Kasoki fait vraiment partie des soins. Je me trouve réconforté. Quand je la vois, ça diminue mon stress », témoigne le patient, reconnaissant l’importance du soutien de son épouse durant son hospitalisation.

MSF rappelle à travers ces différentes interventions que, la lutte contre Ebola ne se limite pas à la prise en charge médicale. Le soutien psychologique des malades, de leurs proches et des personnes guéries constitue également un volet essentiel de la réponse à l’épidémie, notamment pour favoriser le rétablissement et la réintégration sociale des survivants.

Pascal Mushiarhamina 

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