RDC : des irrégularités présumées dans les commissionnements au sein de la PNC dénoncées par des acteurs sociaux

Des irrégularités présumées dans les commissionnements au sein de la Police nationale congolaise (PNC) suscitent des interrogations sur le respect des règles encadrant les nominations et les avancements en grade. La controverse porte notamment sur la légalité de certaines décisions administratives et sur les critères retenus pour accéder aux grades supérieurs.
Dans une déclaration, le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA interpelle le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, ainsi que le gouvernement congolais, les appelant à veiller à l’application des textes légaux régissant la gestion des carrières au sein de la police.
Au cœur de cette dénonciation figure la loi n° 13/013 du 1er juin 2013 portant statut du personnel de carrière de la PNC. Selon cette organisation, plusieurs arrêtés de commissionnement seraient contraires aux dispositions de ce texte, notamment celles relatives aux conditions d’accès aux grades supérieurs et aux désignations provisoires.
L’article 95 prévoit des conditions spécifiques pour certaines nominations et désignations. Selon les dispositions invoquées par le mouvement, l’accès provisoire à un grade supérieur est notamment soumis à une nomination préalable au grade immédiatement inférieur par ordonnance présidentielle et à une ancienneté d’au moins deux ans dans ce grade. Le texte prévoit également des restrictions concernant le double commissionnement et le commissionnement au grade de commissaire divisionnaire.
MACHOZI YA RAÏYA affirme que des officiers généraux et des milliers d’autres personnes, y compris des civils, auraient bénéficié de commissionnements irréguliers. L’organisation dénonce également des pratiques présumées de favoritisme familial et provincial, qu’elle estime préjudiciables aux policiers ayant accumulé de l’expérience et des qualifications au cours de leur carrière.
La contestation concerne notamment des arrêtés qui auraient été soumis à la signature du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, le 18 octobre 2026. Le mouvement demande l’annulation des actes qu’il juge non conformes à la législation en vigueur.
Toutefois, les documents concernés n’ayant pas été fournis pour vérification, il n’est pas possible d’établir indépendamment, à ce stade, la réalité des irrégularités dénoncées. Les conclusions des travaux de la commission chargée d’examiner les avancements en grade sont donc attendues pour éclairer cette controverse.
En attendant, MACHOZI YA RAÏYA appelle le ministère de l’Intérieur à examiner les décisions contestées et à corriger toute irrégularité qui serait effectivement constatée. Il plaide également pour une intervention du chef de l’État afin de garantir une gestion des carrières policières fondée sur des critères objectifs et sur le respect des procédures légales.
Au-delà des accusations formulées, cette affaire remet au centre du débat la transparence des promotions au sein de la PNC et l’application équitable des règles statutaires. La vérification des actes concernés apparaît dès lors essentielle pour déterminer si les décisions contestées respectent le cadre juridique applicable.
Raphaël Lwango



