ActualitésSociété

Région des Grands Lacs : la jeunesse congolaise et burundaise mobilisée contre les discours de haine

Réunis au Burundi le 22 octobre 2026, à l’occasion du Forum transfrontalier des Grands Lacs pour la paix et la cohésion sociale, des jeunes de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi ont réaffirmé leur engagement contre la désinformation, la stigmatisation et les manipulations identitaires. Leur objectif est de renforcer la cohésion sociale et de faire de la jeunesse un acteur incontournable de la prévention des conflits dans la sous-région.

Face aux menaces que représentent les discours de haine pour la stabilité régionale, les jeunes Peace Fellows des deux pays ont pris part à cette rencontre organisée conjointement par le Centre d’alerte et de prévention des conflits (CENAP) et l’Action pour la paix et la concorde (APC asbl).

Le forum s’inscrit dans le cadre du Programme de dialogue transfrontalier pour la paix, dénommé GREAT LAKES III, avec le soutien d’Interpeace et de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC).

À l’ouverture des travaux, le directeur de programme du CENAP, Serge Ntakirutimana, a alerté sur la propagation des fausses informations et des préjugés identitaires, particulièrement dans l’espace numérique, où ils contribuent à exacerber les tensions entre les communautés.

« Aujourd’hui, les champs de bataille ne se limitent plus aux espaces physiques : ils s’étendent au monde numérique et aux lieux de sociabilité quotidienne », a-t-il déclaré, évoquant également la manipulation de la mémoire historique et l’instrumentalisation des stéréotypes régionaux. Selon lui, ces phénomènes fragilisent la confiance mutuelle et menacent les perspectives de coexistence pacifique.

Le responsable du CENAP a ainsi appelé à rompre avec l’utilisation de la jeunesse comme instrument de division, plaidant pour qu’elle joue désormais un rôle central dans la promotion de la tolérance et la construction d’une paix durable.

Pour concrétiser cette ambition, les échanges ont été orientés vers le renforcement des capacités des participants. Il s’agit notamment de leur permettre de mieux déceler et déconstruire la désinformation, de répondre aux discours de haine par des messages favorables à la paix et de comprendre les conséquences de la manipulation de l’information sur la cohésion sociale et les relations transfrontalières.

La rencontre accorde également une place importante aux traditions et à la mémoire partagée, considérées comme des leviers du dialogue interculturel et du rapprochement entre les populations. Cette approche vise à dépasser les préjugés et à favoriser une meilleure compréhension entre les communautés congolaises et burundaises.

Les travaux doivent par ailleurs déboucher sur des recommandations de plaidoyer et une campagne conjointe de sensibilisation destinée à étendre la portée de cette mobilisation au-delà du forum. L’enjeu est de transformer les réflexions en actions concrètes sur le terrain, en impliquant les jeunes et leurs communautés dans la prévention des tensions.

Il faut dire qu’à travers cette initiative, les participants entendent inscrire leur engagement dans la durée et contribuer au renforcement des liens entre les deux pays. La réussite de cette démarche dépendra notamment de la mise en œuvre des actions envisagées, de la sensibilisation aux risques liés à la désinformation et de la capacité des jeunes à promouvoir des messages de paix dans leurs milieux respectifs.

Rédaction

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *