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Fizi et Mwenga : Machozi ya Raïya alerte sur l’épuisement des ressources minières et réclame des comptes

Le Mouvement citoyen Machozi ya Raïya appelle les populations de Fizi et Mwenga vivant dans les zones minières du Sud-Kivu à se mobiliser pour réclamer davantage de retombées de l’exploitation des ressources naturelles et une gestion transparente des revenus générés par ce secteur.

Dans une déclaration signée par son activiste Mussa Ali Rutamu, l’organisation estime que les communautés locales ne bénéficient pas suffisamment des richesses extraites de leurs territoires.

Plusieurs entreprises minières sont notamment accusées de ne pas respecter les cahiers des charges conclus avec les communautés, malgré la poursuite des activités d’extraction depuis plusieurs années. Cette situation, déplore la structure, contraste avec les difficultés persistantes auxquelles sont confrontées les populations des zones concernées.

La déclaration évoque également la répartition prévue par le Code minier de 2018 pour les taxes et redevances minières. Selon cette source, 50 % des recettes sont destinées au niveau national, 25 % à la province, 15 % à l’entité territoriale décentralisée où se déroule l’exploitation et 10 % au Fonds minier pour les générations futures.

À Fizi, la cité minière de Misisi est particulièrement citée en raison de son importante activité aurifère. L’exploitation y impliquerait des entreprises nationales et étrangères ainsi que, selon l’organisation, des groupes armés. Pourtant, plusieurs besoins essentiels demeurent insuffisamment couverts, notamment l’accès à l’électricité, aux routes de desserte agricole, à l’eau potable, à l’éducation et aux soins de santé.

Le même constat est dressé à Mwenga, présenté comme un territoire qui contribue de manière significative aux recettes de la province. Le contraste entre les richesses extraites du sous-sol et les conditions de vie des populations locales constitue ainsi l’une des principales préoccupations soulevées dans cette déclaration.

L’impact environnemental de l’exploitation minière suscite également des inquiétudes. Des terres jugées fertiles seraient retournées puis recouvertes de matériaux stériles, avec pour conséquence une réduction des espaces consacrés à l’agriculture et une dégradation progressive des sols.

Au-delà des revenus actuellement générés par l’or et les autres minerais, l’organisation met en garde contre l’épuisement à terme de ces ressources. Elle craint qu’une disparition des gisements exploitables, combinée à la dégradation des terres agricoles et aux effets du changement climatique, ne fragilise davantage les communautés concernées.

Un appel à la vigilance est ainsi lancé aux populations des zones minières, invitées à réclamer des comptes sur la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. L’objectif affiché est de faire en sorte que ces richesses contribuent davantage au développement local et à la préservation des intérêts des générations futures.

Raphaël Lwango

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