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Crise humanitaire à l’Est de la RDC : MSF multiplie les interventions d’urgence au Sud-Kivu et au Maniema

En 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a considérablement renforcé sa réponse humanitaire dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema, à l’est de la République démocratique du Congo.

À travers son équipe de Réponse d’Urgence et Surveillance au Congo (RUSC), l’organisation a conduit six opérations d’urgence, un niveau d’intervention en hausse par rapport aux années précédentes, révélateur de la dégradation persistante de la situation humanitaire.

Capable de se déployer en moins de 72 heures, l’équipe RUSC est intervenue pour faire face à plusieurs urgences sanitaires, notamment des épidémies de rougeole dans les zones de Kasongo et Kabambare (Maniema) ainsi qu’à Minova (Sud-Kivu).

Ces actions ont permis de vacciner près de 75 000 enfants de moins de cinq ans et de prendre en charge 4 500 patients. À Lomera, au Sud-Kivu, une épidémie de choléra a également mobilisé les équipes, avec 11 000 personnes vaccinées et 760 malades soignés.

Par ailleurs, MSF a apporté une assistance médicale aux populations déplacées par les affrontements armés à Katana, Kalehe et Bunyakiri, au Sud-Kivu.

Dans ces zones touchées par les combats opposant l’armée congolaise, les Wazalendo et le groupe armé AFC/M23, les équipes ont soutenu les structures de santé locales en assurant consultations médicales, accouchements, interventions chirurgicales, ainsi que la prise en charge des enfants malnutris et des survivantes de violences sexuelles.

Au total, 35 000 consultations ont été réalisées et 10 800 patients hospitalisés. L’accès aux populations reste toutefois un défi majeur en raison de l’insécurité et de la complexité du contexte opérationnel.

En 2025, la moitié des interventions du RUSC se sont déroulées dans des zones sous contrôle de groupes armés, nécessitant des négociations afin de garantir un accès humanitaire neutre et impartial.

Malgré ces contraintes, MSF a pu atteindre des zones enclavées comme Bunyakiri, où aucune autre organisation humanitaire n’était présente au moment de l’intervention.

Parmi les avancées marquantes de l’année figure une campagne de vaccination élargie menée à Kabambare, intégrant pour la première fois le vaccin contre le rotavirus, en complément des vaccins de routine. Une opération rendue particulièrement complexe par l’isolement du Maniema et les difficultés logistiques liées au conflit.

Face à l’affaiblissement du système de santé et à la réduction des financements humanitaires, MSF souligne le caractère essentiel de ses interventions. En 2026, l’équipe d’urgence demeure en alerte au Sud-Kivu afin de répondre rapidement aux besoins des populations les plus vulnérables.

Rédaction

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